L’Europe à l’aube d’un changement de cycle: pourquoi 2026 est plus qu’une simple histoire de rattrapage ?

9 février 2026

L’Europe à l’aube d’un changement de cycle: pourquoi 2026 est plus qu’une simple histoire de rattrapage ?

Photo F. Sedati © Eurizon

Par Francesco Sedati, responsable de la recherche et de la gestion actions chez Eurizon

En 2025, les performances des marchés européens et américains ont été comparables en devises locales, tandis qu’en euros, les marchés européens ont même nettement surperformé. Pour 2026, nous anticipons une situation similaire avec une Europe continuant d’afficher des performances solides. Cependant, certains signes indiquent que la phase de forte croissance des bénéfices dans le secteur technologique, en particulier dans les centres de données, touche progressivement à sa fin. 

Par ailleurs, le reste de l’économie commence à se redresser, tant aux États-Unis grâce aux mesures fiscales et aux éventuelles incitations à la consommation, qu’en Europe grâce aux mesures de relance budgétaire naissantes et à l’évolution potentiellement positive du conflit en Ukraine. Les marchés européens bénéficient également de l’évolution positive du secteur bancaire, qui reste attractif en termes de valorisation, et d’une éventuelle reprise dans le secteur des biens de consommation. Les valeurs du luxe et de l’automobile, sous pression l’année dernière, pourraient désormais renouer avec une croissance plus soutenue. 

Dans l’ensemble, l’Europe est en bonne position sur le plan structurel. L’agenda politique aux États-Unis s’est en partie clarifié, notamment en ce qui concerne les droits de douane, ce qui réduit l’incertitude et permet de se concentrer sur la reprise économique nationale. Cela crée un environnement dans lequel les économies européennes et émergentes pourraient bénéficier d’un avantage par rapport aux États-Unis.

Premiers pas vers la transformation en Europe

À long terme, la situation en Europe se caractérise par des opportunités structurelles. Il existe un consensus sur la nécessité d’une transformation fiscale et industrielle afin de rester compétitif. Les investissements dans l’énergie, la technologie et les infrastructures industrielles sont considérés comme positifs pour les marchés. Cependant, d’importants écarts technologiques subsistent par rapport aux États-Unis et à la Chine, et le niveau d’endettement de certains pays constitue un risque à long terme. Malgré ces défis, nous sommes constructifs, car les marchés ont su identifier des opportunités l’année dernière, malgré les droits de douane, les effets de change et les retards technologiques.

Le secteur de la consommation offre des opportunités de reprise de la croissance

Pour nous, cela signifie adopter une approche procyclique axée sur la reprise économique mondiale. Nous renforçons notre exposition au secteur de la consommation, où subsiste encore un potentiel de croissance. Les valeurs industrielles, en particulier dans les secteurs de la défense, de l’aérospatiale et des infrastructures, ont déjà quant à elles enregistré de solides performances. Dans le secteur défensif, nous maintenons une surpondération dans la santé, mais réduisons notre exposition aux services aux collectivités, dont les valorisations ont déjà fortement augmenté. Les banques et les services financiers restent attractifs, en particulier ceux qui se négocient en dessous de leur valeur comptable, car ils continuent d’offrir des dividendes solides et une amélioration des rendements des fonds propres. En outre, nous surpondérons les matières premières via les sociétés minières, qui contribuent également de manière positive à la performance.

Ces dernières années, nous avons augmenté notre pondération dans les biens de consommation discrétionnaire, en particulier les produits de luxe, la distribution et l’automobile, où nous identifions un potentiel. Le cycle de déstockage des biens de consommation touche, selon nous, à sa fin et une reprise pourrait se profiler. Le débat sur une éventuelle bulle de l’IA se poursuivra, en particulier quant à la capacité à monétiser ultérieurement les investissements dans les infrastructures. Néanmoins, nous nous attendons à ce que les marchés réorientent progressivement leurs capitaux vers des segments plus porteurs, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou sur les marchés émergents.

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