L’Europe affiche toujours des valorisations attractives

30 mars 2026

L’Europe affiche toujours des valorisations attractives

Photo Francesco Sedati © Eurizon

Par Francesco Sedati, responsable de la recherche et de la gestion actions chez Eurizon

Les actions européennes continuent d’afficher une décote importante par rapport aux actions américaines, alors même que la trajectoire des bénéfices pour 2026 et 2027 devrait être similaire. Cet écart de valorisation reste une opportunité qui, à terme, devrait se réduire partiellement grâce à un regain d’attention porté à la croissance en Europe, via des politiques budgétaires et industrielles ainsi que des réformes réglementaires. Le conflit en Iran constitue selon nous un revers à court terme dans ce processus de convergence, les coûts énergétiques pénalisant l’Europe par rapport aux États-Unis. Cependant, ce conflit devrait être temporaire, et nous considérons la volatilité actuelle comme une opportunité.

Les facteurs macroéconomiques tels que les baisses de taux d’intérêt ou la stabilisation économiquerestent des moteurs importants de la performance, car ils devraient soutenir une trajectoire de croissance économique et des bénéfices qui se rapproche de celle des États-Unis. Il sera intéressant d’évaluer la réaction de la BCE face à la flambée des prix du pétrole et, éventuellement, de l’inflation, afin de déterminer si le soutien à la croissance devient une priorité par rapport à la stabilisation des prix.

Dynamique durable ou reprise à court terme ?

Plusieurs facteurs structurels sous-tendent selon nous la reprise européenne : les mesures de relance budgétaire, un processus d’intégration bancaire et financière, ainsi qu’une restructuration claire et visible du secteur des entreprises qui s’opère dans de nombreux pays, à commencer par l’Allemagne. Nous sommes donc convaincus qu’il ne s’agit pas seulement d’un phénomène temporaire et cyclique, mais que tous les facteurs sont réunis pour que la dynamique reprenne une fois que le conflit en Iran sera apaisé.

L’Europe est bon marché au regard de la croissance potentielle qu’elle peut enregistrer dans les prochaines années, mais constitue également un élément important de diversification, car ses moteurs de croissance diffèrent de ceux des États-Unis et de l’Asie, largement, voire exclusivement, tirés par la technologie et l’IA. Les marchés américains sont fortement dominés par quelques grandes entreprises technologiques. Ce risque de concentration dans les décisions de portefeuille est pertinent, car une grande partie de la performance est générée par quelques actions et positions sur les marchés américains et, comme nous l’avons vu ces dernières années, les doutes quant à la pérennité du secteur technologique ou de l’IA peuvent avoir un impact significatif en termes de baisse absolue du portefeuille. C’est pourquoi l’Europe constitue un élément de diversification dans un portefeuille, sa croissance reposant sur différents moteurs : les dépenses industrielles, la reprise de la consommation, les banques.

D’un point de vue sectoriel, les banques ont été un moteur important pour l’Europe ces dernières années et elles restent attractives du point de vue du rapatriement de capitaux.

Le secteur industriel est également très intéressant, car il est au cœur des plans budgétaires (défense, infrastructures) et des dépenses liées aux centres de données. Enfin, les services aux collectivités sont également de grands bénéficiaires de l’électrification des réseaux et de l’alimentation des centres de données.

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