Naviguer dans l’environnement de transition résultant des politiques monétaires, fiscales et d’investissement responsable

11 août 2021

Photo: Tatjana Greil Castro, gérante de portefeuille & co-responsable des marchés publics, Muzinich & Co © Munzinich

Par Tatiana Greil Castro et Michael McEachern

Risque d’inflation post-pandémie

La poussée de l’inflation résulte de multiples facteurs. Un retour de la demande après une absence de dépenses depuis presque 15 mois. Les perturbations des chaînes logistiques.Nous faisons face à des pénuries dans de nombreux domaines, cela va des puces électroniques aux matériaux de construction. Parallèlement s’agissant des matières premières, le monde commence à s’éloigner des combustibles fossiles. Nous pensons que cette tendance est de nature à stimuler la demande pour d’autres minéraux. Associé à une probabilité d’une réduction de l’offre, cela pourrait faire grimper les prix.  Les débats à la Réserve fédérale (Fed) autour du tapering, des taux d’intérêt, de l’inflation et de la croissance économique globale devraient selon nous se poursuivre et entraîner des regains ponctuels de volatilité pour les taux et potentiellement les actifs risqués.

L’impact prospectif des réponses fiscales et monétaires

Michael McEachern, gérant de portefeuille & co-responsable des marchés publics, chez Muzinich & Co © Muzinich

Nous n’anticipons pas un brusque retour à l’austérité et à une réduction des mesures de relance, comme ce fut le cas il y a dix ans. À l’opposé, nous pensons que les mesures de relance devraient rester massives, notamment du fait des engagements croissants en matière de lutte contre le changement climatique. Les banques centrales sont les principaux acheteurs du surcroit de dettes émises.  La COVID-19 a engendré un déficit budgétaire record depuis mars 2020, tandis que le bilan de la Réserve fédérale doublait de taille sur la même période. Nous nous demandons également dans quelle mesure les banques centrales peuvent réduire leur intervention si les États continuent d’avoir besoin d’importants financements. De notre point de vue, nous entrons dans une nouvelle ère qui pourrait conduire à une potentielle augmentation de la volatilité.

Une nouvelle série d’objectifs écologiques

Dans le même temps, nous constatons également des changements dus aux défis que pose la transition climatique vers l’objectif zéro émission nette. Malgré les perturbations causées par la pandémie et les mesures de confinement, nous n’avons constaté qu’une réduction de 5,8 % des émissions de carbone du secteur de l’énergie en 2020¹, ce qui est inférieur à la baisse annuelle de 7 % prévue par l’Accord de Paris. Cela illustre l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés si nous voulons atteindre zéro émission nette d’ici 2050. Nous constatons déjà que les États, les gestionnaires d’actifs, les entreprises et la société dans son ensemble prennent de plus en plus d’initiatives. Et nous pensons que cette transition sera probablement au coeur des mesures de relance budgétaire, de transformation économique et de création d’emplois.

Un régime différent de corrélation

Cette année, alors que la reprise économique mondiale s’accélère et que nous passons d’une profonde récession à une phase de forte croissance, les moteurs de performance ont changé. Et ce changement est favorable au crédit mais pas aux taux d’intérêt. Dans cet environnement, nous privilégions les marchés présentant une plus forte exposition aux spreadset des durations plus courtes (et donc un risque de taux plus faible), tels que le high yield américain et des marchés émergents.

le crédit d’entreprises des pays émergents revêt selon nous un certain attrait. Si les économies des marchés émergents sont légèrement en retard dans la reprise économique mondiale, nous les voyons renouer avec la croissance et s’assainir après la pandémie.

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