Pourquoi faudrait-il remodeler l’expertise professionnelle ?

25 mars 2021

Afin de s’adapter aux nouvelles circonstances qui peuvent faire surface dans le futur, il faudra remodeler l’expertise professionnelle. Plusieurs personnes se demandent même si les métiers que nous connaissons existeront encore. La définition du terme « métier » est également modifiée. Si l’on se réfère à la défnition donnée par Aristote, un métier renvoie à la répétition d’une action, jusqu’à ce qu’une personne maitrise celle-ci et en fasse une expertise : « C’est en forgeant que l’on devient forgeron ».

Pourtant, en France, la notion de « métier » est associée à une reconnaissance sociale à travers au diplôme qui garantit la maîtrise de son expertise par une personne. C’est le cas pour les médecins, menuisiers, avocats ou encore les designers.

La nouvelle définition de « métier »

L’apparition des nouvelles technologies nous pousse à revoir la définition du terme « technologie ». Une technologie peut effectuer une partie des actions que nous avons l’habitude d’effectuer. Si l’on n’est plus les seuls à maitriser ces tâches, alors on ne peut plus forcément bénéficier d’une reconnaissance sociale. L’obsolescence de certains métiers nous pousse également à penser à leur future extinction.

Il faut biensûr réinventer le terme « métier » pour l’adapter à notre environnement actuel / futur. Il pourrait notamment être définie de façon statutaire ou contextuelle :

  • Socio-économique.
  • Sanitaire.
  • Démographique.
  • Environnemental.
  • Technologique.
  • Professionnel.

Les compétences

Il faut également modeler l’expertise professionnelle à notre nouvelle réalité. Il faudra notamment « apprendre à apprendre », dans le but de s’adapter, de façon à réinventer et de construire ses connaissances. Ainsi, remplir les missions d’un futur « métier » requerra une nouvelle méthode d’apprentissage. Voici les quatre métacompétences composant ce socle de compétences :

  1. « Construire des récits » : savoir développer des intrigues pouvant créer des ponts entre éléments, suscitant des attentes et l’orientation vers la prise d’action. Aborder un projet, des objectifs ou des acteurs à travers un récit dystopique aura pour but d’identifier les risques majeurs, et pouvoir ainsi établir les bonnes mesures pour les prévenir.
  2. « Prendre soin de… » : cette compétence fait référence à la capacité à mobiliser ses capacités attentionnelles afin d’observer, décrire et enfin évaluer les qualités des interactions avec ses collègues, partenaires, clients, projets ou encore son environnement plus largement. En prêtant attention aux relations entre acteurs, il devient plus simple d’adopter de meilleurs équilibres socioprofessionnels. Des rituels d’équipe spécialisés dans le partage des ressenti ou les appréhensions par rapport aux situations professionnelles futures ou passées.
  3. « Évoluer vers des réseaux collaboratifs » : La mise en réseau des compétences et expériences doivent accompagner la mise en réseau des informations. Il faut donc que chaque acteur puisse contribuer au réseau et mettre en lumière les interactions / relations structurant le travail collaboratif d’un collectif d’acteurs. La construction d’interfaces ouvertes accueillant le partage de ressources entre collaborateurs d’une entreprise est un exemple de la matérialisation de cette idée.
  4. « Créer du sens » : Rapprochement et mise en correspondance des représentations mentales de chaque acteur. Il faut donc pouvoir identifier les croyances, souvenirs, idées reçues ainsi que les autres représentations mentales que chacun peut avoir. Également, il faudra distinguer les représentations qui convergent / celles qui divergent, créer des images englobant les représentations divergentes et créer les ponts entre celles-ci. Enfin, il faut pouvoir créer de nouvelles représentations mentales collectives (exprimer son rapport à des objets / services du quotidien et pouvoir le confronter aux idées des autres, dans le but de créer du sens commun).

Se concentrer sur les compétences / contexte permet de tout changer. La notion de « CV » est en évolution. Le CV d’aujourd’hui est différent de celui de demain car il met en avant les projets, expériences et compétences de l’individu plutôt que les diplômes qu’il possède. Les diplômes mettent en avant les compétences d’un individu à un instant t, mais pas ce qu’il peut faire à un autre instant. Cette évolution dans la conception du terme CV permet de mettre fin à la discrimination socio-économico-culturelle, et plus de la révolution dans le domaine de la formation induit. Chacun de nous peut s’entraîner en termes de flexibilité mentale, d’attention et de créativité : entraînement cognitif.

Une fois que nous prendrons en compte le potentiel d’un individu plutôt que sa performance, en mettant en arrière-plan ses diplômes, et en mettant l’accent sur son habilité à mobilier des compétences afin de les appliquer pour tel ou tel secteur, nous aurons réinventé le métier de forgeron (pour répondre au philosophe grec Aristote).

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