Pourquoi les entreprises doivent-elles changer de paradigme pour subsister ?

16 septembre 2020

L’industrie manufacturière, l’un des plus grands moteurs de l’économie mondiale, traverse une période charnière. Avec la numérisation, l’intelligence artificielle, la robotique et les principes de durabilité, de grands changements de paradigme s’imposent aux entreprises.

Les critères de performance sont en train de changer. Il ne s’agit plus de maximiser ses revenus, mais l’impact environnemental et social est devenu une mesure clé de la réussite des entreprises.

Les critères ESG, incontournables pour l’entreprise du futur

Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) permettent de mesurer la durabilité et l’impact éthique d’un investissement, mais aussi l’impact de l’activité des entreprises. Les facteurs environnementaux prennent en compte le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre, les déchets et la pollution.

Les facteurs sociaux comprennent les droits de l’homme, les pratiques de travail, la gestion des talents, la sécurité et la protection des données personnelles.

Enfin, la gouvernance fait référence à un ensemble de règles ou de principes définissant les responsabilités des différentes parties prenantes dans la gouvernance des entreprises : la diversité au sein de la direction, la rémunération des dirigeants, l’éthique des affaires, etc.

L’année 2019 a été déterminante pour les investissements ESG. En Europe, les fonds consacrés à l’investissement durable ont récolté 120 milliards d’euros, soit près du triple du montant de l’année précédente, qui s’élevait à 44,8 milliards d’euros.

On assiste aujourd’hui aux balbutiements de la quatrième révolution industrielle, qui devrait avoir lieu dans les 10 à 15 prochaines années. Les géants de l’industrie manufacturière se préparent pour le changement, les pays émergents cherchent à se faire leur place et les investisseurs prennent leurs marques.

C’est une révolution numérique qui, grâce à la Data, fait tomber les frontières entre les technologies mécaniques et biologiques, et l’homme lui-même. Cette révolution est différente des autres révolutions industrielles, dans la mesure où c’est la seule à vraiment prendre en compte l’impact environnemental et social dans les développements technologiques. Par rapport aux révolutions industrielles précédentes, la nouvelle va se développer à un rythme beaucoup plus rapide et va affecter toutes les industries.

Des changements qui s’opèrent déjà

BlackRock, la plus grande société de gestion de fonds au monde avec 7,43 milliards de dollars d’actifs sous gestion (2019), s’est engagé à intégrer les critères ESG dans son processus d’investissement.

Cette décision n’a pas fait l’unanimité : de nombreux investisseurs pensent ainsi que les critères ESG ont été conçus pour faire payer aux investisseurs le coût de la quatrième révolution industrielle. Tandis que d’autres y voient un investissement dans la transition sociétale et écologique.

Quoi qu’il en soit, la durabilité est l’un des thèmes centraux de la quatrième révolution industrielle, en ce sens que les technologies avancées permettent une meilleure utilisation et une économie des ressources.

Les circuits de proximité, un exemple de changement de paradigme dans l’industrie alimentaire

Nous sommes maintenant à l’aube d’une nouvelle ère de productivité qui est propulsée par la baisse du coût de la technologie et une connectivité accrue. La production devient de plus en plus adaptée à la demande du consommateur. Ce dernier est de plus en plus exigeant sur la qualité et le caractère sain des produits qu’il achète. Il veut en outre des produits uniques correspondant à ses valeurs.

Pour répondre à leurs besoins, les entreprises modifient leur supply chain et optent pour la relocalisation. Au lieu d’assembler les matières premières et les intrants dans de grandes usines, pour produire en masse des produits identiques (ce qui certes minimise les coûts unitaires grâce à l’économie d’échelle) et les distribuer ensuite aux consommateurs, l’essor de la production distribuée permet de faire une fabrication à proximité du marché final.

Cela contribue à favoriser l’utilisation des matières premières locales, à personnaliser les produits pour mieux répondre aux besoins des clients, à raccourcir les délais de livraison et à minimiser les déchets.

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