Quel impact la beauté a-t-elle dans le monde du travail ?

28 février 2021

Il ne suffit pas seulement d’avoir été gâté par dame nature, il faut également, avoir bon goût pour l’habillement, utiliser la dose de maquillage adéquate et avoir son abonnement chez le coiffeur. En faire assez, mais pas trop non plus. Quel impact la beauté a-t-elle sur le quotidien ?

La beauté dans le recrutement

Même s’il n’y a pas de caractère obligatoire, un CV aura plus de chance d’être consulté s’il comporte une photo. D’autant plus si la photo est avantageuse.

On peut notamment observer une recrudescence des photos de profils LinkedIn, retouchées avec des filtres « sublimateurs », très en vogue sur les réseaux sociaux, dans l’objectif d’attirer le recruteur à consulter leur profil. Plus qu’une question de beauté, c’est l’apparence physique entière qui est jugée, où l’âge et le poids en seront des facteurs déterminants.

Dès l’entretien, une personne en surpoids sera jugée comme non dynamique, pas motivée, plus encline à l’absentéisme et par conséquent moins performante dans son travail. Près de la moitié des recruteurs estiment que la beauté des candidats est décisive dans leur jugement. Même quand ils peinent à recruter, ils préféreront attendre le candidat au physique agréable, à compétences égales, voire inférieures.

De plus, il est démontré qu’une personne considérée comme belle et ayant peu de qualification aura plus de chance d’être retenue, a contrario d’une personne à l’apparence peu flatteuse, d’autant plus si c’est pour un poste au-devant du public.

La beauté gage de qualité

L’humain est attiré par la beauté quel qu’en soit le domaine. L’attirance pour les belles choses fait partie entière de notre tendance biologique. Nous sommes, de prime abord, attirés par la symétrie et l’harmonisation des traits, et ce, depuis notre plus jeune âge. Devant une étale de fruits et légumes, nous serons toujours plus attirés par les plus colorés et les plus symétriques qui sonne comme un gage de goût et de qualité, et nous ne laisserons que peu de chances à la pomme difforme et terreuse.

Les femmes et les hommes

Une femme belle a également mauvaise réputation. À un niveau hiérarchique bas à moyen elle sera qualifiée de bête, tandis que si son niveau hiérarchique est élevé, on pensera forcément qu’elle n’y est pas arrivée sans user de ses charmes. Elle pourra notamment être jalousée et mise à l’écart par ses collaboratrices.

Par ailleurs, le niveau d’exigence pour un homme n’est pas le même. Ses compétences seront d’autant plus jugées sur ses qualifications. Mais l’apparence physique pourra entrer en jeu en ce qui concerne les postes de dirigeants où leurs pouvoirs seront toujours mieux considérés. Aussi, il est préférable d’être grands, de corpulence carrée et vêtue d’un costume taillé sur mesure. L’habit ne fait pas le moine me direz-vous ? Et pourtant.

La beauté à double tranchant

La beauté favorise l’obtention d’un travail, aussi elle peut également constituer un frein dans l’évolution professionnelle. Prenons des domaines bien précis comme l’ingénierie ou la politique. Déjà peu fréquentés par les femmes, bien que de plus en plus, si celles-ci sont en plus de cela belles, elles en seront doublement discriminées, et les postes à hautes responsabilités leur seront que très rarement confiés.

La beauté, influenceuse de statut social

Une étude réalisée par une équipe de l’Université Stanford[1] met en avant que si une personne se sent moche, elle aura tendance à croire qu’elle est moins privilégiée dans la société. Peter Belmi[2] explique « Quand on se sent physiquement très attirant, on a tendance à se croire mieux placé sur le plan social. Et inversement, quand on se sent physiquement peu attirant, on a tendance à se rabaisser, à l’autre bout de l’échiquier ». Aussi, la beauté n’est pas qu’une question d’apparence, mais également de ressenti. Nous faisons face à un regain d’individus, à proprement dit de physique normal, se dotant d’une beauté irrévocable et qui, de ce fait, se sentent socialement supérieurs et au-dessus de la classe moyenne. La classe sociale ne se caractérise donc plus par le biais du niveau de revenu, de la profession, ni même par les conditions de vie, mais dans le sentiment d’être beau.

La beauté agit donc comme un facteur de confiance en soi et de reconnaissance sociale. Aussi, Denis Desro[3], insiste sur le fait que la beauté doit être couplée d’une belle personnalité pour pouvoir réussir.


[1] Étude de cinq enquêtes, réalisée par une équipe de deux chercheurs, dont Peter Belmi, étudiant au doctorat à la Business School de Stanford.

[2] Professeur adjoint de leadership et de comportement organisationnel à la Virginia Dardent School of Business de l’Université de Virginie.

[3] Rédacteur en chef mode, Elle Québec.

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