Question assurance maladie, beaucoup d’assurés renoncent manifestement aux économies de manière délibérée

17 décembre 2018

Enquête Comparis : en 2019, un tiers des assurés paiera des primes maladie entre 6 et 15 % plus chères

Selon une enquête réalisée auprès d’utilisateurs de Comparis, près de la moitié pense pouvoir économiser jusqu’à 50 francs par mois sur l’assurance de base. Pourtant en 2019, un tiers des assurés paiera des primes maladie entre 6 et 15 % plus chères. Seulement 2 % des personnes réduisent la charge de leurs primes de plus de 600 francs. De plus, près de 80 % paient leur facture mensuellement, manquant ainsi un escompte pouvant aller jusqu’à 2 %. Les Romands et les Tessinois se montrent particulièrement insensibles à la charge des primes et ne connaissent pas le montant de leurs propres primes maladie pour 2019.

Entre l’estimation faite en théorie et le passage à l’acte, il y a un monde. Une enquête du comparateur sur internet comparis.ch menée auprès des utilisateurs de toutes les régions linguistiques de Suisse le montre bien : 46 % (575 répondants) estiment, certes, leur potentiel d’économies jusqu’à 50 francs s’ils changeaient d’assurance de base. Mais dans les faits, ils ne sont que 11 % (635 répondants) à faire des économies sur leurs primes maladie 2019. De plus, seulement 2 % des utilisateurs de Comparis, pourtant plus sensibles aux prix que le reste de la population, réduiront leurs primes de plus de 50 francs par mois, ou 600 francs par an, pour l’année prochaine.

Ils sont 7 % des sondés à débourser en 2019 l’équivalent de ce qu’ils paient aujourd’hui, à 5 francs près par mois. À contrario, 76 % des personnes indiquent qu’elles dépenseront jusqu’à 50 francs de plus par mois l’an prochain – dont 33 % paieront entre 21 et 50 francs de plus par mois pour leurs primes maladie, soit entre 240 et 600 francs de plus par an. Cela correspond à une augmentation de 6 à 15 %, par rapport à la charge des primes moyenne de 3941 francs. Parmi les participants au sondage, 5 % devront même faire face à une augmentation de plus de 600 francs de leur assurance maladie l’an prochain.

Potentiel d’économies sous-estimé : l’escompte

À l’instar des administrations fiscales, beaucoup d’assureurs maladie concèdent une remise en cas de paiement anticipé des factures – l’escompte. Comparis a analysé les escomptes que proposent les 20 caisses maladie principales de Suisse : pour un paiement semestriel, différents assureurs proposent une remise située entre 0,5 et 1 %. En cas de paiement annuel, les assurés économisent jusqu’à 2 %. Par comparaison, les contribuables payant tôt leurs impôts cantonaux obtiennent au maximum 1 %, soit deux fois moins. Quant aux comptes d’épargne non soumis à conditions spéciales, les taux les plus intéressants varient entre 0,05 et 0,2 %, à savoir bien 10 fois moins.

L’enquête Comparis indique toutefois que le potentiel d’économies que constitue l’escompte est souvent sous-estimé. Car la moitié des personnes pense que régler leurs primes semestriellement ou annuellement n’apporte aucune économie. En outre, un cinquième estime la remise à tout au plus 0,5 %.

Par conséquent, 79 % (603 répondants) paient leurs primes maladie tous les mois. Seuls 16 % des participants à l’enquête déclarent avoir choisi le paiement annuel. Et les 5 % restants règlent leur police semestriellement.

Pour Felix Schneuwly, expert Assurance maladie chez Comparis, c’est gâcher doublement son potentiel d’économie. Il conseille l’approche suivante : « Le mieux est de verser chaque mois le montant équivalant de sa prime sur un compte épargne, qui est alors mieux rémunéré que sur un compte privé. Il suffit alors de verser deux fois ou une fois par an le montant de la prime à sa caisse maladie, qui sera une nouvelle fois récompensé grâce à la remise ».

En Romandie et au Tessin, on ignore vastement les nouvelles primes

Sur le fond, l’analyse de Comparis montre également qu’une grande partie des Suisses se montre visiblement indifférente concernant la charge que représente ses propres primes. Les assureurs maladie devaient tous avoir communiqué leurs nouvelles primes au 31 octobre. Pourtant, au mois de novembre, 13,5 % des 720 participants au sondage ne connaissaient pas le montant de leurs primes maladie 2019. Cela concerne notamment les Romands et les Tessinois, qui sont 21 % dans ce cas (contre 8,5 % des Suisses-allemands).

Méthode

Enquête menée sur la plate-forme en ligne comparis.ch, du 18 octobre au 15 novembre 2018, auprès de 720 personnes de toutes les régions linguistiques de Suisse. 

 

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