Réinventer la gestion d’entreprise

3 septembre 2020

Depuis des décennies, le monde de l’entreprise a subi des révolutions et des modifications dans sa gestion, qui tendent aujourd’hui vers la même direction : la performance. Si, d’un point de vue global, ce facteur est déterminant pour la réussite d’une société, il est de plus en plus remis en question sur de nombreux aspects.

Tel qu’il est connu depuis plus d’un siècle, le monde du travail est axé autour de son cœur : des hommes et des femmes qui agissent en commun pour faire fonctionner et grandir l’entité qui les emploie. Toutefois, avec l’arrivée massive des nouvelles technologies et des intelligences artificielles, associée à un management de plus en plus économique et de moins en moins social, cette vision a tendance à changer, transformant peu à peu les employés en des unités de production.

Le règne des chiffres

Il est difficile de désigner un responsable à part entière dans le mode de gestion utilisé aujourd’hui dans l’entreprise. Pourtant, le constat est bien là : tous les domaines sont concernés par le règne des chiffres. Les statistiques font partie des outils les plus appréciés par les équipes de direction. Et pour cause, elles permettent d’avoir un aperçu global de la quantité et de la qualité de la production. Il suffit de convertir les employés en unités numériques (sur le principe de l’ETP – Équivalent Temps Plein – notamment), et de leur associer des chiffres qui correspondent à leurs capacités de travail.

Ces données sont ensuite fusionnées puis analysées dans leur ensemble, et c’est alors à partir d’elles que sont établis les objectifs, ou que sont déterminées les attributions de primes, par exemple.

Certes, cela permet d’obtenir un bilan général et d’assurer un suivi de la production. Mais c’est précisément le principe d’une vision court-termiste de l’entreprise. En effet, en transformant ainsi des éléments humains en formules mathématiques, les dirigeants occultent – volontairement ou non – une partie majeure de l’équation.

La déshumanisation du travail

Les équipes dirigeantes procèdent ainsi avec leurs employés comme ils le feraient avec un programme informatique. Ils en extraient des données, puis leur transmettent des consignes basées sur ces éléments. Or la dimension strictement humaine n’est alors pas prise en compte. En effet, à partir du moment où l’élément humain est retiré de l’équation à la base, comment le réintégrer en fin de parcours ?

Là où un programme informatique a une capacité de production constante, l’être humain est soumis à des modulations, qu’il s’agisse d’une question de santé, d’un état de fatigue ou d’une incompréhension.

Mais cela, les chiffres ne le comprennent pas, et surtout ne le traduisent pas. Noyés dans le flot des statistiques, ces facteurs sont invisibles pour les dirigeants, qui n’ont qu’une vision globale de la chose. À moins d’une baisse générale de régime qui attirerait l’attention, ces éléments sont donc considérés comme inexistants.

Qui plus est, le contrecoup de ce système de gestion est supporté immédiatement par les employés, qui doivent alors faire face au stress et à la démotivation, en suivant des consignes qui demandent toujours plus de performance, quel qu’en soit le prix.

Dans cette démarche, il arrive pourtant un moment où l’entreprise commence à pâtir de la gestion à court terme. Lorsque les employés ne parviennent plus à faire face, cela se traduit généralement par des arrêts de travail à répétition et de longue durée, jusqu’à la démission pure et simple. Reste alors à embaucher de nouveaux salariés, qu’il faudra prendre le temps de former, réduisant encore davantage les capacités de production.

Quelles solutions mettre en place ?

Malgré un monde du travail qui tend de plus en plus vers l’automatisation, de nombreux secteurs nécessitent encore l’intervention d’hommes et de femmes. La question de l’automatisation complète n’est donc pas à l’ordre du jour. C’est pourquoi il est primordial de réinventer la gestion d’entreprise.

En réintégrant l’humain dans le mode de gestion, les dirigeants pourraient s’assurer la fidélité de leurs employés en garantissant leur bien-être et une meilleure prise en compte de leurs ressentis. Ce sont ces éléments qui doivent parvenir à leurs oreilles, en complément des bilans chiffrés.

En effet, il ne s’agit pas nécessairement de se débarrasser totalement des études statistiques, mais plutôt de les mettre en corrélation avec des facteurs plus subjectifs, en accordant une importance plus grande à l’aspect humain, qui ne peut définitivement pas entrer dans un calcul invariable.

Dans la réinvention de la gestion d’entreprise, tout le monde à quelque chose à gagner. Les employés, bien sûr, en tirent bénéfice car ils se sentent ainsi entendus et considérés selon leur réelle valeur et leurs compétences propres. Mais de cette sensation découle également un meilleur état de santé de l’entreprise, qui peut ainsi compter sur des emplois de longue durée dont les capacités de production sont optimisées et adaptées aux salariés.

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