Restaurer les liens économiques avec l’Iran

17 septembre 2018

Préface de Dominique Jolly

Professeur à Webster University Geneva, Directeur de la Walker School of Business &Technology

Contrairement à certains clichés, l’Iran est une société moderne, avec une population jeune et bien éduquée qui a amorcé un mouvement progressif de sécularisation. Avec 80 millions d’habitants, c’est le second pays du Moyen-Orient après l’Egypte. Contrairement aux Etats du golfe, c’est une économie diversifiée : l’économie iranienne va bien au-delà de la production de pétrole et de gaz – qui ne représente que le quart de son PIB. La pétrochimie, la transformation de l’énergie, la métallurgie, l’automobile, l’ingénierie et la distribution (les célèbres « bazaars ») sont quelques-uns des secteurs d’activité qui font le PIB iranien.

Les infrastructures (aéroports, rails, Internet, etc.), les technologies de l’information, les produits de grande consommation, la santé et l’industrie ont tous des poches de croissance. Les récents contrats passés par Iran Air avec Airbus et Boeing pour rajeunir sa flotte témoignent du potentiel du marché iranien. Les opportunités ne sont donc pas cantonnées aux seuls secteurs de l’énergie. Nombreux sont les secteurs d’activité qui auraient besoin de technologies étrangères pour se mettre à jour.

Outre l’arrivée d’Hassan Rohani en 2013 au poste de Président de la République islamique d’Iran et sa franche confirmation dans cette position en 2017, la levée des sanctions en 2016 a ouvert un nouvel espoir pour l’Iran et en dehors de l’Iran. Le pays est sur le point de récupérer son niveau d’exportation de pétrole d’avant les sanctions. En conséquence, la croissance économique revient. Maintenant, tout n’est pas rose.

Les perspectives sont encore entamées par de nombreux facteurs. Les transactions bancaires avec des pays étrangers sont certes plus faciles mais les grandes banques étrangères restent timorées. La fin des sanctions n’a pas résolu tous les problèmes. En raison d’une économie dominée par le secteur public, de la bureaucratie, de la corruption, du manque de transparence, de l’inflation (plus de 10% par an) et du chômage élevé (quatre millions de sans emploi), l’Iran est toujours confronté à des difficultés pour attirer des investissements directs étrangers. De plus, le nouveau Président des Etats-Unis semble vouloir continuer à marginaliser le pays. Dans ce contexte, les entreprises européennes, et notamment les entreprises suisses, peuvent développer un avantage concurrentiel en étant parmi les premières à restaurer les liens économiques.

Ce dossier fait suite à une conférence tenue à Webster University Geneva début mai 2017 sur le thème « Doing Business in Iran ». Une dizaine d’experts ont pu exposer leur point de vue sur les facteurs clés de succès de la pratique des affaires en Iran. Les articles de ce dossier font la synthèse de leurs travaux.

Dominique Jolly : Professeur à Webster University Geneva, Directeur de la Walker School of Business &Technology

 

 

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