Photo Maison Delano © Gaelle Le Boulicaut
L’été a pris ses quartiers dans nos villes. Dans sa wishing list, on veut ralentir le rythme à l’ombre d’une terrasse et savourer la dolce vita. Maison Delano Paris nous exauce au même titre qu’il nous dépayse. Coup de cœur.
Par Sabah Kaddouri
Paris regorge de belles adresses, y trouver sa place quand on est nouveau venu suppose d’ouvrir une première clef. L’enchantement. Maison Delano a pris ses quartiers dans une adresse exceptionnelle : la rue d’Anjou située à quelques encablures du Palais de l’Elysée. Une situation royale promettant calme et discrétion. C’est résolument ce que l’on cherche aujourd’hui pour respirer dans une grande ville. Paris vous donne beaucoup comme elle vous prend autant ! La foule incessante, les mille et un chantiers concomitants, c’est dans ce bruit que l’on navigue. Arrivé au numéro 4 de la rue d’Anjou, le monde s’efface. Les seules silhouettes qui s’agitent sont celles des maîtres d’hôtel élégamment apprêtés. Dans cet hôtel particulier d’inspiration haussmannienne, on se laisse bercer par les contrastes. A la fois cocon douillet où se nichent 56 chambres, dont 19 suites, et lieu vibrant accueillant une faune éclectique, Maison Delano Paris brouille les frontières pour mieux intensifier notre villégiature. A l’image de son iconique grande sœur américaine.
L’adresse s’inscrit dans la success story de Delano Miami. Légende hôtelière de South Beach depuis 1995, la marque hôtelière attire depuis son ouverture tout ce que Magic City compte de personnalités en vue : Madonna, Donatella Versace, Lenny Kravitz…et d’adeptes d’expériences lifestyle. Madonna y célébra son anniversaire au restaurant The Blue Door autour d’un plat de penne au caviar au milieu des 90’s. Est-ce ici que la bascule entre concevoir l’hôtel comme un point de chute pour dormir, puis comme lieu de vie et d’émotions, s’est matérialisée ? Beaucoup de contemplateurs médiatiques vous répondront que oui. Sacré héritage et filiation pour la déclinaison parisienne ! Cette clef-là n’est donc pas à la portée de tous. Maison Delano Paris a néanmoins ce défi de se faire un prénom passé l’effet de curiosité. On visite la Ville Lumière le bagage chargé d’attentes bien différentes qu’en Floride.

Poussons la porte d’une chambre. Suisses que nous sommes, on choisira la plus raffinée, histoire de comparer avec nos beaux fleurons nationaux. Paris, capitale du luxe, est la seule destination capable d’éblouir ceux qui ont déjà tout vus. La Suite Présidentielle Maison Delano et la Grande Suite historique sont des témoignages vivants de l’Ecole française : pierres d’origine, murs lambrissés, parquets clairs, moulures et cheminées de marbre, rappellent que nous nous trouvons dans un hôtel particulier datant de 1734. L’impressionnante hauteur sous le plafond de quatre mètres renforce la notion d’opulence, les plafonds peints du XVIIIe siècle arborent des lustres majestueux. L’architecte d’intérieur Lázaro Rosa Violán nous invite dans une demeure bourgeoise où le temps semble s’être arrêté. Un Paris d’arts et d’histoire. Dans son exercice, il créé des ponts avec l’ADN Delano, plus actuel, plus rutilant, sans jamais frôler la faute de goût. Le vert Delano, le célèbre voilage Delano en lin blanc, agrémentent les banquettes en velours, le tissu des fenêtres, tandis que des œuvres d’art contemporain ornent les espaces.
Les salles de bains sont une extension du confort en chambre : des toilettes japonaises, enceinte Bluetooth, douche à l’Italienne aux lignes épurées, du marbre, peignoirs siglés… Tout est fait pour sanctuariser ce moment. D’ailleurs, c’est dans l’intimité de sa chambre que l’on reçoit les massages réservés auprès du Concierge. Il y a un côté résidentiel fort agréable abolissant la notion d’hôtel. Les chambres et Suites du 5e étage, sous les toits, se caractérisent par leurs plafonds mansardés, qui apportent à chacune une note de romantisme avec vue sur les toits de Paris. D’une saison à l’autre, on découvre la ville sous de nouveaux atours. En ces fortes chaleurs estivales, peut-être rêvasserez-vous à regarder la pluie automnale ruisseler sur les baies vitrées, chocolat chaud maison à la main…
Dans la Capitale du goût, manger est une affaire sérieuse non circonscrite au déjeuner et dîner. A Maison Delano, les Parisiens ont adopté l’adresse pour leurs petits-déjeuners d’affaires et apéritifs amicaux. Le cinq étoiles a développé de véritables moments propices à la convivialité à l’image du brunch dominical sur la terrasse. On se rassemble autour d’un buffet sucré et salé généreusement composé de viennoiseries, plateaux de fruits de mer, de bagels, pâtisseries, le tout complété d’un choix de plats chauds. Le champagne aussi est au menu des œnophiles. La cour intérieure pensée telle une oasis urbaine demeure le cœur battant. Il fait bon de s’y attabler et s’ambiancer. Le restaurant Delano Café a vu passer des toques étoilées Michelin avant d’être confié au Chef italien Paolo Minelli pour construire une vraie proximité avec les guests. L’agenda d’un étoilé l’éloigne souvent des fourneaux…douchant beaucoup d’attentes. En Suisse, nous l’avons vu récemment avec la séparation tonitruante entre le mythique Beau-Rivage Palace à Lausanne et la Cheffe Anne-Sophie Pic à l’initiative de l’hôtel qui a décidé de couper le cordon.

Le Café Delano nouveau jus, c’est une invitation à parcourir le terroir méditerranéen avec de nombreuses escales italiennes. La terrasse, parlons-en. Lovée à l’ombre des oliviers et des roseaux, carrelée de bleu marine et bercée par le murmure d’une fontaine centrale, l’esprit Piazza nous dépayse sans qu’on ait quitté Paris. Le soir venu, il y a un parfum balnéaire qui embaume l’atmosphère notamment autour du bar. On prend place et engage la conversation facilement avec les personnes bien avisées ; comme vous, elles ont eu vent de l’adresse. Les mixologues concoctent des nectars sur-mesure tout en s’adaptant aux envies des amateurs de mocktails. Certains soirs, des DJs animent l’espace qui se transforme en dancefloor. A l’heure de la Coupe du Monde de Football, les retransmissions sportives rythment le quotidien des foodies. Lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024, la terrasse avait été entièrement privatisée par une prestigieuse marque. Le Café Delano s’est imposé parmi les hauts lieux parisiens événementiels.
Le Chef Paolo Minelli vous souhaite Benvenuti à travers sa carte : « Chaque plat raconte un fragment de ma vie. Chaque assiette porte une mémoire. Chaque parfum évoque un souvenir que j’ai le plaisir de partager avec vous. Un voyage culinaire entre souvenirs et traditions. », confie-t-il. Ecoutez le Maître d’hôtel qui est de bonnes recommandations, on ne regrettera pas d’avoir choisi l’entrée de Fleurs de courgette farcies de chèvre frais et de scamorza, servies avec une sauce aux olives de Kalamata. Un délice. On aimerait juste en avoir plus abondamment dans l’assiette. On pioche alors dans la Burrata de son compagnon de tablée. Accoquinées à des Tomates anciennes, sublimée par des pêches rôties au thym, elles vous laissent un sourire béat au coin de la bouche.
La suite est de même aloi. Du Rouget aux artichauts, pommes de terre nouvelles et safran, jus de roche ; au savoureux Poulpe saisi à la flamme, accompagné d’une caponata froide acidulée. L’été est capturé dans l’assiette. Le pain également proposé en Foccacia à la coppa, à la provola et aux tomates confites… Un pur régal si bien qu’il est impossible d’en manger dans des proportions modérées !
Pour le bouquet final, le Chef nous surprend par ses desserts en trompe-l’œil. Il a réussi l’illusion de nous ancrer en Méditerranée, il parviendra également à jouer avec nos papilles grâce à ses créations gourmandes. On reste dans le thème en commandant un Tiramisu. Il se présente comme une coquille scellée, révélant une mousse aérienne. L’amertume du café et la douceur du mascarpone y sont intactes. On écoute encore le serveur en optant pour la Fraise-Roquette. Quelle bonne idée ! C’est une fraise parfaitement reconstituée qui éclot sous la cuillère pour dévoiler une texture légère, des fraises fraîches et une sauce à la roquette surprenante, mais qu’on découvre essentielle à la recette. Le dessert devient écrin, l’été inoubliable.
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