Venezuela et répercussions sur la dette des marchés émergents

12 janvier 2026

Venezuela et répercussions sur la dette des marchés émergents

Photo Zsolt Papp © J.P.Morgan

Par Zsolt Papp, Responsable des investissements sur les marchés émergents, J.P. Morgan Asset Management

Les événements au Venezuela constituent le dernier chapitre en date d’une nouvelle démonstration de l’influence géopolitique des États-Unis. Bien qu’il s’agisse d’une manœuvre quelque peu inhabituelle, des signes clairs de cette influence croissante sont apparus ces derniers mois ailleurs dans la région, et les marchés avaient donc dans une certaine mesure anticipé ces événements. Associée à un glissement général vers la politique de droite et à des politiques plus orthodoxes, cette situation présente une opportunité d’investissement potentiellement intéressante.

Nous considérons l’intervention au Venezuela comme s’inscrivant dans le cadre plus large de l’engagement des États-Unis en Amérique latine. Cela s’est manifesté l’année dernière par le soutien financier apporté par le Trésor américain à l’Argentine lors des élections de mi-mandat, ainsi que par des discours « encourageants » dans d’autres pays tels que le Honduras et la Bolivie. 

Par ailleurs, ce thème restera très pertinent en 2026 avec les élections prévues en Colombie et au Brésil. En général, le virage à droite s’accompagne de l’adoption de politiques économiques plus traditionnelles, qui, dans l’ensemble, ont soutenu les prix des actifs financiers. Associé à une rhétorique politique probablement positive et à d’éventuels engagements financiers de la part des États-Unis, cela pourrait entraîner des réactions positives sur les marchés.

D’une manière plus générale, les événements au Venezuela révèlent que certains segments de marchés de la dette souveraine des marchés émergents présentent encore un potentiel de croissance significatif, les investisseurs voyant désormais plus clairement la voie vers une restructuration de la dette dans les pays restant en défaut de paiement, et une remontée des prix dans les pays qui ne sont pas en défaut mais qui continuent de se négocier à des niveaux très bas. Il n’est peut-être pas étonnant que les titres les plus malmenés du spectre du crédit aient rebondi parallèlement aux récents prix des obligations vénézuéliennes (par exemple, le Liban). Cela survient après des rendements très solides en 2025 pour les obligations souveraines des marchés émergents (13,2 %). 

Bien que nous restions optimistes quant aux rendements des obligations souveraines des marchés émergents cette année, nous pensons néanmoins que les investisseurs devront se montrer plus sélectifs dans le choix des pays plutôt que de surpondérer l’ensemble du marché. Dans ce contexte, un niveau d’exposition approprié à la partie la plus en difficulté du marché sera un facteur important de rendements excédentaires, et le Venezuela a créé un bon précédent jusqu’à présent cette année.

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