VERS UNE GESTION DE PLUS EN PLUS RESPONSABLE DES DECHETS

12 décembre 2018

Par Dessy Damianova

Le mandat Juncker qui est en train de s’achever dans un climat de déception et de désillusion a pourtant eu ses quelques points forts. Pendant les quatre ans de présidence du Luxembourgeois, quatre ans que certains souhaitent déjà pousser aux oubliettes, l’UE avait quand même pas mal légiféré sur les…déchets. Oui, moins démocratique et plus bureaucratique qu’elle n’a jamais été, avec une eurocratie rampante et une administration qu’affublent des lourdeurs paperassières, ayant elle-même besoin d’être recyclée, l’Union Européenne des dernières années s’est avérée – bien ironiquement – efficiente dans tout ce qui concernait la gestion des déchets, leur tri, leur recyclage et ce qu’on appellerait leur valorisation.

Renforcement des exigences de l’UE en matière de tri et de recyclage des déchets.  

Plaisanterie mise à part, sous la présidence de Jean- Claude Juncker, l’UE a mené une politique très conséquente en matière d’économie circulaire, concept économique qui, s’inscrivant dans le cadre du développement durable, a, notamment, comme visée principale, le traitement responsable des déchets. La Commission Européenne a proposé tout récemment l’interdiction des «dix produits en plastique à usage unique les plus présents sur les plages et dans les mers européennes», produits qui représentent les 70% des déchets marins en Europe ».

Les nouvelles mesures de la Commission Européenne reflètent des exigences renforcées en matière de tri et de recyclage des déchets. D’ici 2025, au moins 55% des déchets ménagers doivent être recyclés, cette part devant s’élever à 65% à l’horizon 2030. De même, le pourcentage du matériel d’emballage recyclé doit croître jusqu’à atteindre 65% en 2025 et 70% en 2030.

Cette nouvelle législation prévoit également une diminution progressive des déchets envoyés en décharge. La part de ces derniers doit être réduite à 10% en 2035.

La nouvelle proposition fait écho à un premier paquet de mesures proposées en 2015 et adoptées un peu plus tard. Elles faisaient toutes partie d’un projet plus global d’orientation de la politique de l’UE vers l’économie circulaire et vers un changement radical des modes de consommation des populations des pays membres. L’économie circulaire représente, rappelons-le, un concept économique qui vise la gestion fonctionnelle des déchets, leur recyclage, réutilisation et leur transformation et matières premières. Cette économie industrielle opérant en boucle limite le gaspillage inutile (tant des ressources que de sources d’énergie non renouvelables) tout en ménageant l’environnement et tout en contribuant à la croissance et à la création de postes de travail.

Le nouveau paquet de mesures va plus loin que toute autre règle adoptée par l’UE jusqu’alors en matière de gestion des déchets – il vise un changement radical de la mentalité et de la conscience du consommateur, sa responsabilisation face aux enjeux environnementaux et sa sensibilisation à la nécessité de valoriser les produits arrivés au bout de leur cycle de vie.

Comme on le voit, à ceux qui sont déjà tentés de saluer la fin du mandat Juncker avec un « bon débarras ! », on peut au moins opposer la politique conséquente qu’a menée, en matière de gestion des déchets et de promotion de l’économie circulaire, la Commission européenne sous la direction du Luxembourgeois tant controversé…

La Suisse, cette championne du tri.

Pays non moins amoureux (si ce n’est plus !) de l’ordre et de la propreté que ne le sont ses voisins de l’UE, non moins sensible aussi à l’idée de ménager les ressources existantes, la Suisse risque pourtant de rester à la traîne de cet effort européen de renforcement de la législation sur les déchets. Mais il n’y là rien de vraiment inquiétant : la série de mesures prises par l’UE, aussi importantes et méritoires qu’elles soient, a parfois l’air d’une fuite en avant qu’il est difficile de talonner de très près. L’essentiel pour la Suisse est de garder son attitude jusqu’alors remarquablement consciencieuse et responsable à l’égard de la problématique de la gestion des déchets – car oui, notre pays est parmi les champions du tri, de la récupération et de la valorisation des résidus !

En même temps, on observe des changements significatifs dans le secteur de recyclage en Suisse. Ces changements sont marqués par la fusion de différentes entreprises et leur transformation en entités majeures, capables d’affronter les défis tout aussi majeurs de la gestion des déchets. Devenue, après sa fusion récente avec Swiss Recycling Services (SRS), le numéro 1 du recyclage en Suisse, Helvetia Environnement développe, notamment, des projets innovants dont le Centre Haute performance qui, avec un tri sélectif très précis et rapide et un taux de recyclage des déchets augmenté, promet de révolutionner le domaine.

 

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