La « Digital Detox » : quand doit-on vraiment s’y mettre ?

11 avril 2022

La « Digital Detox » : quand doit-on vraiment s’y mettre ?

Inventé en 1973 et popularisé dans les années 2000, le téléphone portable n’a depuis jamais cessé d’évoluer, jusqu’à devenir aujourd’hui bien plus qu’un simple téléphone : un téléphone intelligent ou smartphone. Véritable ordinateur de poche, en plus de remplacer la montre, l’agenda, le répertoire, la calculatrice et la lampe de poche, on peut à présent l’utiliser pour prendre des photos et des vidéos, lire et envoyer ses mails, faire des recherches sur internet, jouer en ligne, commander de la nourriture ou un taxi et même pour télétravailler en visioconférence. Il permet aussi et surtout de rester connecté en permanence sur les réseaux sociaux.

Une nouvelle addiction est née

La nomophobie, néologisme inventé en 2008 et très en vogue depuis ces trois dernières années,  désigne la peur panique qui s’empare de l’utilisateur lorsqu’il se trouve brutalement privé de son smartphone, soit qu’il ait été perdu, oublié ou volé, où qu’il soit simplement hors service. Cette phobie toucherait à présent plus la moitié des possesseurs de smartphones, au point qu’elle fait l’objet de groupes de discussions et de consultations en psychiatrie. La dépendance à ces appareils  est devenue un véritable problème de société, qui commence à être pris très au sérieux par le corps médical, parce qu’elle met en péril la santé mentale et parfois physique de ceux qui en sont atteints.

L’utilisation compulsive des smartphones engendre des problèmes de concentration

Si la plupart des véhicules sont de nos jours équipés d’un kit mains libres et que de moins en moins d’automobilistes téléphonent en conduisant, beaucoup continuent en revanche à lire et envoyer des textos sur la route. Le risque d’accident et réel, d’autant que le fait même de passer son temps à regarder son smartphone provoque à la longue chez l’utilisateur, un déficit de concentration qui ne se limite pas à la conduite. Il lui devient ainsi très difficile de se focaliser sur une autre activité, comme la lecture ou même le visionnage d’un film. Cela a bien-sûr des conséquences d’autant plus graves s’il s’agit d’enfants ou d’adolescents.

Le smartphone est devenu un obstacle aux relations sociales

Alors même qu’il permet aujourd’hui de dialoguer en direct et en continu avec son entourage, le smartphone affecte paradoxalement les interactions sociales réelles en les parasitant. Ainsi, regarder son téléphone pendant une conversation est devenu fréquent et il est parfois plus efficace de communiquer par messagerie qu’oralement . En plus du développement d’une intolérance aux frustrations de la vie réelle, l’addiction aux smartphones peut conduire à l’isolement social. Plus l’utilisateur a l’impression d’être connecté et entouré et plus il progresse en réalité dans un processus de désocialisation.

Le burn-out numérique guette les cadres comme les  employés

L’hyper-connexion générée par l’utilisation des smartphones a aboli la frontière entre vie privée et professionnelle. L’impossibilité d’effectuer une coupure avec le travail équivaut à faire des heures supplémentaires sans fin, ce qui engendre un épuisement général, source de maladies cardio-vasculaires, de troubles musculo-squelettiques, voire de troubles psychiatriques. Depuis le premier janvier 2017, les entreprises de plus de 50 employés sont d’ailleurs tenues de garantir à leurs collaborateurs le droit à la déconnexion . Une loi qui n’est pas toujours facile à appliquer, mais qui a le mérite d’ouvrir la voie à une réflexion plus  globale sur les abus liés à l’hyper-connexion.

De nombreuses pathologies sont associées à l’usage excessif des smartphones

Parmi les troubles liés à la dépendance aux smartphones, on trouve la diminution des capacités cognitives, la baisse de l’acuité auditive et visuelle, avec le développement de myopies, les migraines ophtalmiques, les insomnies, ainsi que les douleurs chroniques des coudes, des mains et des doigts, sans compter les pathologies causées par les ondes émises par les appareils.

L’addiction aux smartphones se soigne

Comme pour tout  type de dépendance, cela exige de changer radicalement ses habitudes. Si la question ne se pose pas pour les jeunes enfants, dont les parents doivent limiter l’accès aux appareils à deux heures par jour au maximum, les adultes peuvent procéder par paliers, en commençant par exemple par couper leur smartphone pendant 15 minutes par jour, puis 30 et ainsi de suite, jusqu’à réussir à s’en passer durant toute une journée. Un autre exercice efficace consiste à s’interdire de regarder son smartphone pendant une conversation jusqu’à ce que cela devienne naturel. Enfin, la meilleure façon de se détourner de ces appareils, reste de se trouver d’autres centres d’intérêt, sport, lecture, art ou autre, afin de combler cette connexion virtuelle en se reconnectant à la vie réelle.

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