« La restauration, c’est faire plaisir aux autres »

22 janvier 2020

Photo: Andres Gordon

Par Odile Habel

À la tête du groupe Eldora, actif dans le domaine de la restauration de collectivités − le premier en Suisse romande − Andrew Gordon, 52 ans, est un homme de terrain chaleureux. Grand sportif, il puise notamment son énergie dans la course à pied. 

Quand nous l’avons rencontré, Andrew Gordon se préparait pour le marathon de New York. Athlète accompli, cette édition allait être sa quatrième et il s’en réjouissait : « J’ai besoin de faire au moins une heure de sport par jour (course, vélo ou golf) de manière extrêmement intense, dit-il. Du reste, je m’entraîne seul. Avant, j’emmenais mes deux Jack Russell, mais ils sont maintenant trop âgés. Ce goût du sport m’a été inculqué par mon père, qui avait fait partie de l’équipe britannique de course à pied de 1953 à 1956. Le sport me permet de déstresser et de me ressourcer. De plus, si je n’en faisais pas, je ferais deux fois mon poids. »

Le fait est qu’Andrew Gordon est à la fois un homme de terrain et un gastronome, ravi de goûter aux créations des chefs du groupe Eldora qu’il dirige depuis 2005. « J’ai fait l’École hôtelière de Lausanne avant de travailler à l’Office du tourisme de Verbier. C’était mon premier poste et je l’ai beaucoup apprécié, mais j’avais envie de revenir à la restauration : c’est un métier que j’ai toujours aimé, mais je suis incapable de cuisiner. Je me souviens d’un stage à l’hôtel Richemont, à Genève. Le premier jour, nous étions tous réunis en cuisine et le chef me demande : « Vous êtes Anglais ? » Je réponds fièrement « oui » et il me dit : « Surtout ne touchez à rien ! » »

Après son expérience dans le tourisme, Andrew Gordon rejoint le groupe Eldora en tant que directeur marketing et, pendant quatre ans, il œuvre au repositionnement du groupe dans le haut de gamme, avant d’en prendre la direction générale. Aujourd’hui, le groupe enregistre un chiffre d’affaires de plus de 350 millions de francs, emploie quelque 2500 personnes et sert environ 80 000 repas par jour dans trois secteurs (entreprises,  enseignement et santé). « Ces collectivités ont des attentes et des besoins très différents auxquels il faut savoir répondre de manière personnalisée. Il est aussi impératif de savoir saisir les tendances et de les suivre. Aujourd’hui, par exemple, nous constatons une demande croissante pour les plats végétariens ; le volume d’achat de légumes au sein du groupe Eldora a d’ailleurs dépassé celui de la viande et je m’en réjouis. »

Dynamique, ouvert et entrepreneur dans l’âme − Andrew Gordon a fondé plusieurs entreprises au sein même du groupe Eldora − son style de management lui ressemble : « Je ne me réalise pas dans l’administratif, avoue-t-il en riant. J’ai besoin d’être au contact du développement des affaires, de m’appuyer sur un management et d’échanger avec les gens. Ainsi à l’armée, j’étais grenadier d’infanterie : je veux être là où cela se passe, au front. J’ai besoin de l’inconfort, de la vérité du terrain. »

Lecteur passionné et éclectique (lisant avec le même plaisir un traité d’histoire ou un roman policier), Andrew Gordon est un habitué des librairies, notamment la librairie Payot à la gare Cornavin : « Je lis les critiques dans les magazines, mais j’aime surtout me laisser surprendre par un livre en allant dans une librairie. Je me laisse tenter par une couverture ou par le résumé. Je termine toujours les livres que je lis et je les garde tous. L’idée de les jeter m’est insupportable. »

C’est à ses nuits d’insomnie qu’Andrew Gordon doit en grande partie ses nombreuses heures de lecture : « Je me réveille, je me prépare un café et je prends un livre. Du coup, je n’appréhende plus ces heures sans sommeil. » Parmi ses derniers coups de cœur, citons L’aigle de sang de Marc Voltenauer et Carnaval noir de Metin Arditi.

 

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