Présidentielle américaine, décryptage, Opus n°2

30 septembre 2020

par David Ross, CFA, Gérant du fonds Echiquier World Equity Growth, LFDE 

David Ross

 Dans la course à la Maison Blanche, la compétition entre les 50 États fédéraux n’est en général pas vive. Près de 30 d’entre eux sont solidement acquis à l’un des deux partis. Ainsi la Californie et New York acquis aux Démocrates, le Tennessee et l’Alabama aux Républicains, ne feront jamais l’objet de folles dépenses publicitaires de campagne, l’issue étant déjà connue. Sur les 20 Etats restants, 10 sont véritablement clés et capables de faire basculer l’élection présidentielle. 

Ce qui a rendu l’élection de 2016 hors du commun, c’est le vote de 3 États traditionnellement démocrates – Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin –  en faveur de Donald Trump avec un total de 79 646 voix (10 704 dans le Michigan, 46 765 en Pennsylvanie, 22 177 dans le Wisconsin). Ce sont ces 79 646 personnes – sur 137 millions de votes –  qui ont permis la victoire de Donald Trump. Les sondages se sont-ils trompés ? Non ! En réalité, les données des sondages de 2016 se sont révélées parmi les plus exactes : Hillary Clinton, qui bénéficiait d’une avance de 3%, a finalement remporté le vote populaire de 2%. Mais ce que les sondages n’ont pas anticipé, c’est la répartition des votes entre les Etats. Donald Trump a gagné juste assez de votes dans juste assez d’États pour remporter l’élection au niveau national. Pour 2020, la carte électorale se redessine à nouveau. En raison de changements démographiques, comme les flux migratoires du nord-est des États-Unis vers la Sunbelt, avec ses emplois, le soleil et une moindre pression fiscale, certains des États du sud, républicains de longue date le sont de moins en moins. Alors que les États ruraux restent acquis au camp républicain, les États dotés de grands centres urbains – le Texas avec Houston et Dallas, la Géorgie avec Atlanta, la Caroline du Nord avec Charlotte ou l’Arizona avec Phoenix – deviennent décisifs. La carte électorale est ainsi plus difficile à déchiffrer qu’en 2016 pour Donald Trump… L’Arizona, la Floride, le Michigan, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie ou encore le Wisconsin pourraient bien être ces Etats clés qui détermineront l’élection. 

Les sondages accordent aujourd’hui une avance de plus de 8% à Joe Biden sur Donald Trump. Certains se souviendront de la présidentielle de 1988. Le candidat démocrate Michael Dukakis pourtant crédité d’une avance de 17 points (55 – 38) après le congrès de son parti, a perdu 7 millions de voix (soit 8%), George Bush ayant récolté 426 votes contre 111 pour Dukakis dans le cadre du Collège électoral. Les premiers sondages n’ont jamais beaucoup de valeur prédictive. C’est le pari sur lequel table à présent le parti Républicain…

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