Une personne sur cinq veut changer d’emploi dans un avenir proche – Les travailleurs suisses sont insatisfaits

16 juin 2022

Une personne sur cinq veut changer d’emploi dans un avenir proche – Les travailleurs suisses sont insatisfaits

Quelles sont les préoccupations des personnes actives et dans quelle mesure celles-ci sont-elles satisfaites de leur travail et de leur entreprise ? La troisième édition de l’étude « PwC’s Global Workforce Hopes and Fears Survey 2022 » répond à ces questions parmi d’autres. Avec 52 000 employés interrogés dans 44 pays, il s’agit de l’une des plus vastes études jamais réalisées dans le monde sur le marché du travail. Les résultats pour la Suisse sont parfois surprenants : une personne sur cinq a l’intention de changer d’emploi dans les douze prochains mois. La satisfaction professionnelle est plus faible en comparaison mondiale, tout comme la possibilité de travailler à distance. En revanche, les personnes interrogées accordent une importance similaire à l’engagement et à la transparence de l’employeur en matière de durabilité, de diversité et d’inclusion.

Le salaire et une activité épanouissante : principales raisons de changer d’emploi

Les salariés suisses sont comparativement moins satisfaits de leur emploi actuel que leurs collègues à l’étranger (50 % contre 57 %). Près d’un cinquième des personnes interrogées ont l’intention de changer d’emploi dans les 12 prochains mois. Les raisons invoquées pour un changement de poste sont un salaire plus élevé et/ou une activité plus épanouissante (67 %). « Comparativement, la satisfaction professionnelle est un peu plus faible en Suisse, ce qui est étonnant », explique Andreas Staubli. Le CEO de PwC Suisse préfère toutefois ne pas peindre le diable sur la muraille : « La moitié des employé-e-s apprécient leur travail. » Deux facteurs jouent un rôle décisif dans le monde professionnel, en Suisse comme à l’étranger : l’équité et l’épanouissement personnel. « La principale incitation à changer d’emploi est une rémunération équitable. En outre, il est important pour les employé-e-s d’avoir une activité qui leur permette de s’épanouir, sans craindre d’être désavantagés ou discriminés », poursuit-il. « Les employeurs feraient bien de s’adapter à l’évolution des besoins et d’en tenir compte au moment d’élaborer leur stratégie de ressources humaines. » Car les résultats montrent qu’une vague de démissions, telle qu’on la voit actuellement dans les pays anglo-saxons, pourrait également frapper la Suisse. « Les entreprises devraient donc réfléchir le plus tôt possible à différents scénarios en matière de personnel, afin de pouvoir réagir en souplesse aux changements sur le marché du travail. »

Les modèles de travail hybrides ont le vent en poupe

La question que les entreprises suisses ne peuvent plus ignorer aujourd’hui est celle de la flexibilité des lieux et des horaires de travail. Selon l’étude, quatre personnes interrogées sur cinq (78 %) souhaitent pouvoir travailler entièrement ou partiellement à distance ces 12 prochains mois. En comparaison internationale, le télétravail est toutefois moins souvent possible en Suisse (45 % contre 54 %). « Ces chiffres reflètent une tendance que nous observons depuis longtemps à l’étranger et qui s’est également renforcée en Suisse suite à la crise du coronavirus », précise Andreas Staubli. Le travail hybride est appelé à durer : « Je pense que cela restera la forme de travail préférée des employé-e-s. » Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les employeurs seraient donc bien avisés de mettre en œuvre des modèles de travail hybrides. « C’est la seule façon de rester attrayant pour les jeunes talents. »

Les femmes et la génération Z se sentent désavantagées dans le monde entier

L’étude révèle un écart entre les sexes et les générations. Ainsi, les femmes se sentent globalement moins bien payées que les hommes (7 points de pourcentage). Le CEO de PwC remarque : « Mais elles sont aussi 7 points de pourcentage moins nombreuses à demander une augmentation de salaire. » La probabilité qu’elles demandent une promotion est également inférieure de 8 points de pourcentage. Rien d’étonnant à cela : les femmes ont moins souvent l’impression que les hommes (moins 8 points de pourcentage) que leurs supérieurs les écoutent. Les résultats de l’étude se confirment sur le marché du travail : selon le « Women in Work Index » de PwC, les femmes gagnent effectivement 17 % de moins que les hommes en Suisse. « En cause essentiellement, une plus faible participation des femmes au marché du travail et une augmentation de leur charge concernant la garde non rémunérée des enfants durant la pandémie », explique Andreas Staubli. Qui ajoute : « Chaque employeur devrait promouvoir l’égalité des chances et des salaires, car le talent n’a rien à voir avec l’âge, le sexe, la nationalité, le handicap, l’orientation sexuelle ou d’autres caractéristiques individuelles. »

Les opinions divergent également entre les générations : les employé-e-s de la génération Z sont moins satisfait-e-s de leur travail et sont deux fois plus nombreux-euses que les baby-boomers à craindre de perdre leur emploi en raison des avancées technologiques dans les trois prochaines années.

La transparence s’impose en matière de durabilité

Les employé-e-s accordent un intérêt particulier à la contribution de leur employeur à l’économie, au climat et à la société. 43 % des personnes interrogées estiment qu’il est important que leur entreprise communique de manière transparente l’impact de ses activités sur l’environnement. « Les entreprises sont mises sous pression dans ce domaine et doivent faire davantage », estime le CEO. Deux tiers (53 %) ont la même opinion pour la santé et la sécurité. Les efforts en matière de diversité et d’intégration sont considérés comme essentiels par 42 % des sondé-e-s. Par rapport à l’étranger, ces chiffres sont inférieurs dans tous les domaines. Mais les apparences sont trompeuses. « Ce n’est pas que les employé-e-s suisses s’intéressent moins à la transparence, mais c’est l’attitude conservatrice sur le marché du travail qui provoque un décalage de cette tendance, comme pour les formes de travail hybrides », conclut-il.

À propos de cette étude

Les données pour l’enquête « PwC’s Global Workforce Hopes and Fears Survey 2022 » ont été collectées en mars 2022. À cette fin, nous avons interrogé 52 195 personnes actives dans 44 pays et régions du monde. L’échantillon en Suisse comprend 1043 personnes. Il a été élaboré de manière à refléter divers secteurs, caractéristiques démographiques, modèles de travail et la part de la Suisse dans le PIB mondial. Les participants à l’étude sont répartis dans les groupes d’âge génération Z (18-25 ans), millennials (26-41 ans), génération X (42-57 ans) et baby-boomers (58-76 ans).

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