QUAND LA FLEMME EST PLUS GRANDE QUE LA FLAMME OU QUE FAIRE DES PARESSEUX DANS L’ENTREPRISE ?

2 octobre 2018

Par Dessy Damianova

En été, on était bien placé pour parler de paresse et de flemme. On était libre comme l’air et maître de soi. Quant au temps, il s’allongeait dans l’insouciance et l’azur – un temps de vacances où l’on fait ce qu’on veut … ou ne fait rien du tout !

L’ennui c’est qu’il existe des personnes pour qui l’esprit des vacances s’étend bien au-delà de l’été et dont la flemme dépasse sans encombre la bouée appelée « rentrée ». Même après le cap important, ces personnes continuent à nager, baignant pleinement dans l’indolence et la grâce, souriant au soleil et savourant, sur l’eau, la joie de vivre.

En fait, c’est juste une manière de dire que même en temps actif et dans les conditions du plus intense travail, les paresseux peuvent être parmi nous !

Les oisifs – des oiseaux pas si rares dans l’entreprise.

Le terme couvre un large registre de fautifs allant du paresseux de type « distrait » au flemmard impénitent à qui toute tâche et tout effort répugnent, et en passant par le rêveur lointain et détaché. Ils ont tous le même don particulier de mettre à vif les nerfs de ceux qui les approchent et qui ont l’infortune de travailler avec eux. Retards chroniques, travail inefficace, délais non respectés, nécessité constante d’aide, conflits et divisions, c’est bien le lot de la malchanceuse équipe qui compte dans son sein ces cancres endurcis.

Le gâchis que causent les paresseux dans l’entreprise ne se mesure pas seulement au temps perdu et aux délais non respectés. Il y a aussi un gâchis purement moral : les inactifs exercent une influence sur leurs collègues qui va dans au moins deux sens. Leur nonchalance peut, d’une part, devenir contagieuse et gagner d’autres employés qui, trouvant injuste d’être contraints de se donner de la peine alors que leurs collègues paressent, à leur tour ralentissent le rythme et passent au mode « relax ».

Il peut y avoir aussi la réaction contraire : la paresse des uns suscite la rage et l’amertume des autres. Pourtant, même pleinement justifiées, celles-ci ne sont pas moins néfastes pour le travail d’équipe – et le travail tout court – que ne le serait une nonchalance omniprésente et générale. L’acharnement entraîne des attitudes peu constructives – à part le sentiment de rage, déjà assez dévastateur en soi, il pousse à se fixer sur les fautifs, à chercher tout le temps à les guetter, à méditer malicieusement une vengeance. Ce sont des attitudes qui épuisent, font perdre énergie et temps et qui souvent s’avèrent infructueuses.

Alors, que faire des paresseux ?

Le sentiment de justice étant mis à rude épreuve par la présence, dans l’équipe, de paresseux chroniques qui abusent du temps et de la confiance des autres, il est difficile de ne pas y réagir. La présence d’oisifs est l’une des choses qui dérangent le plus dans l’entreprise et dans tout travail de groupe ; on la désigne même comme le facteur qui importune et embarrasse le plus. (Cf l’enquête menée par News.com.au).

La réaction, certes, ne doit pas tarder mais elle ne doit pas non plus être celle d’un rejet total, ni s’exprimer par la violence. Cela ne ferait qu’envenimer encore l’ambiance, déjà passablement tendue, des relations entre collègues. Ce que les spécialistes, en l’occurrence, conseillent, c’est de poursuivre son travail en toute patience et sans nullement se laisser distraire des négligences et des retards des autres. C’est justement de cette position-là, la position d’un employé qui accomplit ses tâches avec sérieux, qu’on peut insinuer à son supérieur de demander des comptes et des rapports complets à tous les autres salariés, contraints ainsi à présenter l’avancement de leur travail et faire face – quand il le faut – à leurs propres manquements, lenteurs et failles.

D’un autre côté, la permanence d’oisifs dans les parages peut constituer une précieuse chance pour ceux qui, possédant une dose sérieuse de vigoureux sans- froid doublé d’esprit d’initiative et d’entre-aide, souhaiteront aider les paresseux et leur servir bénévolement de coachs. Comme la revue Forbes le prétend aussi, une telle démarche vous construit éminemment comme leader et tout en aidant les fainéants à se relever, elle affermit vos propres positions au sein de l’entreprise.

Alors, face aux oisifs, il vaut mieux garder son calme et son sang- froid et éviter surtout que la colère l’emporte sur tout ce que peut dicter le sens collégial, l’envie d’aider et de comprendre, la volonté de progresser en groupe – en tant qu’équipe solide et solidaire.

 

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