3e pilier ou une assurance de la famille

10 novembre 2019

Par Eugénie ROUSAK

Le 3e pilier peut être placé sur un compte bancaire ou dans une compagnie d’assurance, ces types d’établissements étant surveillés par la FINMA (autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) et les montants étant garantis par la Confédération (jusqu’à 100 000 CHF). Si la banque offre une grande flexibilité tant au niveau des montants versés que des types de placements, les assurances fixent des clauses strictes à la souscription. Dans ce cas, la régularité et le montant des versements sont définis à l’avance, selon le contrat choisi. Si le souscripteur est dans l’incapacité de payer les primes ou s’il doit sortir du contrat d’une façon prématurée, la rupture des obligations va engendrer des coûts plus ou moins importants. Cette valeur de rachat est déterminée à l’avance pour chaque année du contrat, les pénalités diminuant au fil des années.

Le 3e pilier souscrit auprès d’une assurance prend la forme d’une assurance-vie. Ainsi, son objectif est double : il permet d’un côté, de se constituer une réserve financière et de l’autre, de protéger sa famille en cas de décès ou d’invalidité. Il faut bien être conscient que dans le montant versé chaque mois, une partie est destinée à financer la prime de l’assurance-vie et ne vient donc pas s’ajouter à l’épargne proprement dite, laquelle est constituée de l’autre portion du versement. Si l’assuré décède durant le contrat, alors que l’ensemble de primes n’a pas été versé, ses proches vont quand même toucher le capital garanti contractuellement fixé de l’assurance-vie.

Le 3e pilier souscrit auprès d’une assurance prend la forme d’une assurance-vie

Le troisième pilier joue donc le rôle d’une assurance financière pour la famille, la plupart des institutions garantissant un capital décès qui est équivalent au capital de la retraite. L’assurance couvre généralement les décès qui surviennent à la suite d’une maladie ou d’un accident, mais d’autres causes (p. ex. suicide) peuvent également être incluses. Dans le cas du pilier lié, les bénéficiaires sont déterminés en fonction de la loi sur la succession : le conjoint ou partenaire enregistré, puis les enfants, ensuite les parents, les frères et les sœurs et finalement les autres héritiers. En cas d’invalidité, c’est l’assuré lui-même qui récupère le capital.

Tout comme pour un compte bancaire, le taux de rendement dans une assurance dépend de sa stratégie de placement. Il est ainsi possible de souscrire à une assurance liée à des fonds, mais alors les intérêts forts riment avec des risques de perte de valeur importants. Les compagnies évitent donc des investissements trop dynamiques. Annuellement, la FINMA détermine un taux technique, autrement dit le taux de rémunération garanti. S’il était de 1,25 % en 2015, il se situe aujourd’hui à 0,25 %. S’il est vrai que le rendement garanti n’a cessé de diminuer au cours des dernières années, il faut cependant tenir compte des économies d’impôt que cet investissement permet.

 

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