Photos © Icelandair
À mi-chemin entre l’Europe et les États-Unis, Icelandair relie les voyageurs d’un océan à l’autre. Fondée en 1937, la compagnie islandaise poursuit une trajectoire de développement sans nuages, tout en renforçant aussi sa présence sur les routes secondaires comme Göteborg, Nashville ou Malaga… À l’approche de l’été, Icelandair sera encore davantage au cœur des échanges à l’occasion de la Coupe du monde de football en Amérique du Nord. Coup de projecteur sur un transporteur de plus en plus incontournable.
Par Sabah Kaddouri
Quelle est votre stratégie pour concurrencer les entreprises américaines et les acteurs historiques opérant sur ces routes ?
Icelandair : Notre réseau international repose sur la position géographique avantageuse de l’Islande. Située entre l’Europe et l’Amérique du Nord, l’île constitue un point de transit idéal pour le trafic transatlantique. En exploitant ce vaste réseau avec une flotte efficiente d’appareils à fuselage étroit, nous pouvons desservir davantage de routes directes et proposer plus de fréquences que si nous ne relions que les marchés au départ et à destination de l’Islande. Nous sommes ainsi en mesure de connecter des capitales, mais aussi des villes secondaires d’Europe et d’Amérique du Nord qui ne disposent pas de liaisons directes, via l’Islande, avec une fréquence élevée, des temps de trajet aussi courts que possible et une correspondance aussi fluide que possible dans notre hub islandais.
Enfin, il faut rappeler que jusqu’à 25 % de nos voyageurs transatlantiques profitent de notre offre d’escale en Islande jusqu’à sept nuits (Icelandair Stopover), lors d’un voyage transatlantique, sans supplément sur le prix du billet, ce qu’aucun autre transporteur de réseau ne peut offrir.
En 25 ans, vous avez triplé le nombre de passagers transportés. Ce succès est-il lié à la popularité de l’Islande, qui constitue une escale sur tous vos vols transatlantiques ?
Icelandair : Au cours des vingt-cinq dernières années, nous avons observé une forte progression de la popularité de l’Islande comme destination touristique, et nous sommes fiers d’avoir contribué à ce mouvement. Notre offre ‘Icelandair Stopover’, qui permet aux passagers transatlantiques de faire une escale en Islande jusqu’à sept nuits sans supplément sur le billet d’avion, est leader sur le marché et a joué un rôle important dans la promotion du pays. Mais la croissance concerne l’ensemble de nos marchés, qu’il s’agisse des voyageurs à destination de l’Islande, des Islandais voyageant à l’étranger ou des passagers sur les lignes transatlantiques. Notre réseau en expansion compte aujourd’hui plus de 60 villes desservies, dont des villes européennes secondaires comme Édimbourg et Göteborg, ce qui montre que les passagers choisissent de plus en plusIcelandair pour d’autres raisons que le tourisme.
Tout cela a contribué à notre croissance, mais cela reflète avant tout la solidité de notre modèle économique, le développement ciblé de notre réseau et l’attrait de l’Islande comme destination.
Quels sont les marchés les plus dynamiques ? Quelle place occupe la Suisse, en particulier ?
Icelandair : En combinant les passagers de nos marchés à destination de l’Islande, au départ de l’Islande et du marché transatlantique, notre réseau de liaisons nous offre une grande flexibilité pour faire évoluer nos priorités selon les besoins. Dans le contexte actuel d’un marché transatlantique très concurrentiel, nous avons davantage mis l’accent sur les marchés à destination et en provenance de l’Islande, même si le marché transatlantique reste une part très importante de nos activités.
La Suisse est un marché important pour nous et nous proposons des liaisons très efficaces entre nos nombreuses destinations en Amérique du Nord et nos deux destinations suisses, Zurich et Genève. Zurich est desservie toute l’année à raison de dix vols par semaine, tandis que nous avons concentré nos opérations vers Genève en été, même si nous avons récemment ajouté des vols pour l’hiver 2026/2027, de décembre jusqu’à Pâques.

Envisagez-vous de développer une offre en classe affaires ou vous concentrez-vous sur une offre à faible coût ?
Icelandair : À ce stade, nous sommes convaincus de proposer le niveau de service adapté à notre marché, qui n’a rien d’une offre à bas coût. Nous offrons un espace généreux entre les sièges, un système de divertissement à la demande et le Wi-Fi pour tous les passagers.
‘Saga Premium’, notre offre haut de gamme, a évolué au cours des quarante dernières années pour devenir une expérience premium résolument islandaise. C’est une offre premium à notre manière. Nous ne copions pas les transporteurs traditionnels, mais proposons une hospitalité islandaise authentique à des prix qui reflètent notre efficacité opérationnelle.
Les passagers Saga Premium bénéficient d’un véritable confort : franchise bagages généreuse, enregistrement et embarquement prioritaires, accès à des salons exclusifs dans les aéroports, divertissement à la demande à bord, restauration gastronomique inspirée des traditions culinaires islandaises avec des ingrédients frais et locaux, gins et vins locaux sélectionnés par nos équipes, Wi-Fi gratuit à bord, casques antibruit et kits de confort décorés d’art islandais.
Pour l’avenir, nous nous engageons à continuer d’innover et d’améliorer l’expérience Saga Premium. Des plans sont en cours pour développer davantage notre offre, en continuant d’intégrer les dernières technologies et le confort comme priorités.
À quoi ressemble l’année 2026 pour Icelandair ? Des projets précis pour la Coupe du monde de la FIFA, un temps fort sur les routes desservies ?
Icelandair : 2026 est une année clé sur les plans opérationnel et commercial. Notre record de plus de cinq millions de passagers en 2025 confirme la demande pour nos plans d’expansion. Notre programme de renouvellement de flotte se poursuit, avec des Airbus A321LR désormais en service et des A321XLR supplémentaires commandés pour 2029, ce qui nous place en position d’étendre stratégiquement notre capacité sur les routes transatlantiques à forte demande.
Nous avons déjà étendu notre réseau à plus de 60 passerelles à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Groenland et l’Islande. Il s’agit du plus vaste réseau de l’histoire récente d’Icelandair, rendu possible à la fois par la nouvelle capacité de notre flotte et par notre architecture de partenariats stratégiques. Nous serons présents pour accompagner les voyageurs se rendant en Amérique du Nord pour la Coupe du monde de la FIFA cet été, car nous desservons de nombreuses villes hôtes.
Nous avons constaté une hausse significative des réservations sur les marchés participants au tournoi. C’est particulièrement vrai en Écosse, où la demande a fortement augmenté sur les vols au départ d’Édimbourg et de Glasgow lors du tirage au sort de la Coupe du monde, alors que nous attendons les barrages pour les autres marchés que nous desservons.
En 2025, les dernières estimations font état d’un record de 5,2 milliards de passagers aériens et, d’ici 2040, l’industrie anticipe 8 milliards de passagers.
Comment le secteur peut-il se décarboner avec une telle croissance ?
Icelandair : Cette mission d’envergure exige des solutions systémiques à l’échelle mondiale. Chez Icelandair, nous menons des actions concrètes et soutenons l’objectif ambitieux à long terme de l’industrie aéronautique d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Nous nous sommes également fixé des objectifs climatiques à moyen terme pour réduire nos émissions. Notre levier le plus efficace a été le renouvellement de la flotte : l’Airbus A321LR et le Boeing 737 MAX offrent d’importants gains d’efficacité énergétique, ce qui nous a permis de réduire nos émissions de CO₂ par tonne-kilomètre opérationnelle (OTK) de 22 % entre 2019 et 2025. À moyen et long terme, les carburants d’aviation durables seront essentiels, et nous soutenons activement l’augmentation de la production et de la disponibilité du SAF.
Quelle est votre politique RSE dans ce domaine ?
Icelandair : Notre stratégie RSE est profondément ancrée dans les valeurs fondamentales d’Icelandair. La stratégie ESG sert de cadre directeur à la manière dont l’entreprise assume sa responsabilité envers les personnes et la planète, ce qui constitue l’un des principes clés de sa stratégie globale. Nous reconnaissons l’impact de l’aviation sur l’environnement et nous nous engageons à réduire nos émissions de carbone, à optimiser l’utilisation des ressources, à minimiser les déchets et à améliorer notre performance environnementale. Nous nous engageons à respecter les droits humains et à traiter les employés et les clients de manière égale.
L’importance de l’aviation et du tourisme est incontestable pour une nation insulaire comme l’Islande. Nous dépendons de correspondances aériennes efficaces pour le tourisme, le commerce, les relations internationales et pour maintenir une bonne qualité de vie dans le pays.
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