Photo: Svein Aanes © DNB
Par Svein Aage Aanes, Responsable de la gestion obligataire chez DNB Asset Management
Sur les marchés obligataires, la perception actuelle semble dominée par la conviction persistante que la situation en Iran débouchera sur une solution permettant de rouvrir durablement le détroit d’Ormuz. Par ailleurs, la croissance économique mondiale ne devrait pas être sérieusement affectée par les effets prolongés de la fermeture du détroit. Les prévisions de croissance pour 2026 ont été légèrement revues à la baisse, tandis que celles pour 2027 sont restées globalement stables.
L’inflation mondiale a déjà accéléré et devrait rester élevée, en raison de la hausse des prix de l’énergie. Les marchés semblent toutefois considérer que de légères hausses de taux de la part de la plupart des banques centrales, menées à titre préventif, suffiraient à éviter une forte accélération de l’inflation sous-jacente. Les prévisions d’inflation pour 2027 sont donc, elles aussi, restées relativement stables. Ces anticipations ont été renforcées par les dernières informations selon lesquelles les États-Unis et l’Iran auraient conclu un accord préalable visant à rouvrir le détroit et à engager des négociations plus approfondies.
Plusieurs incertitudes demeurent toutefois pour la suite de l’année 2026. La première concerne la solidité de cet accord préalable entre les parties au conflit, ainsi que sa durée. À court terme, les différents acteurs pourraient avoir intérêt à le respecter afin de rétablir l’approvisionnement énergétique et, du point de vue des États-Unis, d’apaiser la situation avant les élections de mi-mandat. La situation pourrait néanmoins se tendre à nouveau lorsque des négociations sur le programme nucléaire iranien et d’autres sujets sensibles débuteront effectivement.
Nous jugeons plausible l’analyse dominante des marchés selon laquelle le pire du conflit iranien pourrait être passé. Pour autant, de nouvelles complications ne peuvent être exclues. Les marchés peuvent néanmoins absorber certaines mauvaises nouvelles, à condition que le scénario de croissance économique sous-jacent ne soit pas trop fortement remis en cause.
La résilience actuelle des marchés du crédit nous paraît, dans l’ensemble, justifiée. Dans la plupart des économies, peu d’éléments indiquent l’existence de déséquilibres significatifs. La croissance économique n’est certes pas particulièrement vigoureuse, mais elle reste solide. Dans le même temps, les bilans des entreprises demeurent globalement robustes et les résultats continuent d’évoluer favorablement. Un risque de détérioration existe naturellement toujours, mais il ne constitue pas notre scénario central à ce stade.
Les spreads de crédit restent aujourd’hui relativement resserrés, en particulier sur les marchés Investment Grade. Cette situation accroît nettement le risque de corrections temporaires, comme celles observées en avril de l’an dernier puis en mars de cette année. Toutefois, dans la mesure où nous n’anticipons pas de ralentissement marqué de la croissance économique susceptible de provoquer une correction plus fondamentale, nous continuons d’estimer que les obligations d’entreprises peuvent contribuer à la performance sur un horizon d’investissement de six à douze mois.
Concernant les obligations high yield nordiques, l’élargissement marqué des spreads de crédit par rapport aux marchés high yield américain et européen constitue, selon nous, un facteur clairement positif. Cet écart se situe aujourd’hui dans la partie haute de la fourchette observée au cours des sept à huit dernières années.
Source : DNB Carnegie
La hausse relativement marquée des spreads des obligations high yield nordiques par rapport à l’Europe et aux États-Unis offre aux investisseurs une opportunité de rendement supplémentaire. Celle-ci peut jouer soit le rôle de coussin, comme cela a été le cas en mars de cette année, soit se matérialiser par un resserrement des spreads nordiques, comme observé au premier semestre 2024.
L’une des caractéristiques des marchés obligataires nordiques, qui les distingue des marchés européens et américains plus larges, tient à leur duration relativement courte. Le volume important d’émissions obligataires à taux variable offre de nombreuses opportunités d’investissement pur en crédit, avec un risque de taux très limité. Cela permet d’atténuer l’un des facteurs qui ont contribué à la forte volatilité des rendements ces dernières années.
Pour les investisseurs à la recherche de rendements stables, cette configuration peut constituer une opportunité attractive. Elle offre également un intérêt en matière de diversification, en permettant à ceux situés en dehors de la région nordique de s’exposer à une zone présentant des caractéristiques macroéconomiques légèrement différentes, tout en diversifiant leur portefeuille au niveau des émetteurs.
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