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Par Dr Terence McManus, gérant de portefeuille et Dr Markus Schweiger, analyste en biopharmacie
De nouveaux principes actifs ciblant certains des cancers les plus difficiles à traiter ont occupé le devant de la scène lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) qui s’est tenu cette année à Chicago du 29 mai au 2 juin. Il s’agit du plus grand congrès médical de l’année (avec plus de 40 000 participants), et nous sommes allés sur place pour nous entretenir avec des médecins au sujet des dernières innovations en matière de traitement du cancer.
L’un des thèmes majeurs d’ASCO 2026 est que le traitement du cancer du poumon pourrait entrer dans une nouvelle ère. Depuis des années, la chimiothérapie combinée à l’immunothérapie a constitué l’approche standard pour de nombreux patients. Cette année, cependant, deux nouvelles stratégies thérapeutiques ont occupé le devant de la scène.
La première concerne les conjugués anticorps-médicaments (ADC), menés par le sacituzumab tirumotécan (Sac-TMT) de Merck et Kelun, qui a présenté des résultats de Phase III très impressionnants dans l’étude OptiTROP-Lung05.
La seconde concerne une nouvelle génération d’anticorps bispécifiques PD-1/VEGF, avec en tête l’ivonescimab de Summit et Akeso dans l’essai HARMONi-6, aux côtés du pumitamig de BioNTech/Bristol Myers Squibb (ROSETTA Lung-02) et du SSGJ-707 de Pfizer.
Dans l’ensemble, ces études semblent indiquer que des approches plus ciblées peuvent améliorer les résultats au-delà des normes actuelles : le Sac-TMT a démontré l’un des signaux d’efficacité les plus forts observés dans le cancer du poumon en première ligne, tandis que l’ivonescimab a montré un bénéfice statistiquement significatif en termes de survie globale dans l’étude HARMONI-6. Cependant, l’intervenant lors de la session a relevé que les résultats de l’essai HARMONi-6, mené uniquement en Chine, pourraient ne pas être entièrement transposables à une population mondiale de patients.
Ce qui est peut-être le plus intéressant, c’est l’évolution du discours parmi les leaders d’opinion. La question qui se pose n’est plus de savoir si les ADC ou les traitements PD-1/VEGF l’emporteront, mais comment les deux peuvent être combinés pour créer des protocoles plus efficaces permettant d’éviter la chimiothérapie.
Pour les investisseurs, les opportunités les plus intéressantes pourraient donc se trouver chez les entreprises exposées à ces deux modalités et les mieux placées pour développer la prochaine génération de thérapies combinés.
Au-delà du cancer du poumon, une autre présentation remarquée a été celle de Revolution Medicines, dont l’inhibiteur RAS(ON) daraxonrasib a livré des résultats de Phase III impressionnants dans le cancer du pancréas préalablement traité. Dans l’étude RASolute 302, le daraxonrasib a presque doublé la survie globale médiane par rapport à la chimiothérapie standard (13,2 contre 6,7 mois ; HR 0,40) tout en améliorant significativement la survie sans progression et les taux de réponse. Le cancer du pancréas est l’un des cancers les plus difficiles à traiter, avec peu d’avancées significatives ces dernières années, ce qui rend ces résultats particulièrement remarquables. La présentation a d’ailleurs reçu une ovation debout. Les discussions à l’ASCO ont moins porté sur la question de savoir si le médicament est efficace que sur la rapidité avec laquelle il pourrait devenir le nouveau standard de soins en deuxième ligne, et sur ce que cela signifie pour le paysage plus large de l’oncologie ciblant RAS.