Au-delà de la pandémie : une nouvelle façon d’investir

16 août 2021

Photo. René Marty © Reyl Overseas

Par René Marty, CEO de Reyl Overseas

Il y a un siècle, la population a célébré au moyen de grandes fêtes populaires la fin de la grippe espagnole. Ceux qui ont survécu amorcèrent une phase d’euphorie, et ce, également en matière économique. Selon les historiens, les pandémies peuvent prendre fin soit sur le plan médical ou social. La fin d’une pandémie sur le plan médical intervient lorsqu’il n’y a plus de transmission incontrôlée entre les personnes et que le nombre de malades diminue considérablement. Le terme sur le plan social est une décision éclairée et se déroule principalement dans les esprits, à mesure que la peur de la maladie s’estompe et que la société apprend à vivre avec elle. On ne sait toujours pas si la pandémie de Covid-19 sera réellement terminée d’ici l’automne et si de grandes célébrations pourront avoir lieu. Néanmoins, le moment est maintenant venu de se préparer à l’ère post-Covid. 

Les anticipations inflationnistes comme principal moteur

Une incertitude fondamentale prédomine à l’heure actuelle dans l’état d’esprit des investisseurs quant à la voie de la reprise économique mondiale après la pandémie. Cela se reflète dans la volatilité macroéconomique. Certes, les grands marchés boursiers sont encore proches des sommets historiques et la volatilité s’est rapprochée des niveaux les plus bas d’avant la pandémie. Cependant, les actions « oscillent » entre les actions des secteurs cycliques « déconfinés » (p. ex. les transports) et les secteurs en croissance/technologiques.

Les prévisions d’inflation à long terme sont le principal moteur de ce processus. Ce qui soulève aussi la question suivante : l’inflation est-elle temporaire ou structurelle ? Le principal problème réside dans le fait que les grandes banques centrales, avec leurs politiques d’assouplissement quantitatif, sont à l’origine de l’incroyable redressement et constituent le générateur de problèmes liés à l’inflation. 

Scénario à court terme

Les banques centrales maintiendront leurs politiques inchangées dans un avenir proche. Ainsi, au cours des prochains trimestres, le scénario de volatilité macroéconomique, selon lequel les marchés « oscillent » entre valeur et croissance, prévaudra. Pour se positionner face à un tel scénario, une double stratégie est conseillée. D’une part, une exposition aux moteurs de la reprise après la pandémie est indiquée, il s’agit des valeurs de croissance et des valeurs technologiques. Cela peut être réalisé en optant pour des blue chips bien gérées ou des fonds avec une exposition aux actions de croissance à grande capitalisation. D’autre part, les valeurs de rendement sont susceptibles d’être combinées avec les valeurs cycliques et les « investissements favorables à l’inflation », et ce, conjointement à d’autres secteurs « ayant opéré un retour à la normale », tels que les transports, les loisirs et le divertissement.

Recommandation à long terme

À plus long terme, on peut estimer que l’économie mondiale continuera de suivre le cours actuel de la macro-volatilité et basculera progressivement vers une phase de répression financière. Les gouvernements commenceront à se concentrer sur leurs dettes une fois que l’urgence liée à la crise du Covid se sera apaisée. Dans un tel scénario, la surveillance de l’inflation gagne davantage en importance. Des taux d’intérêt bas et une inflation en hausse permettraient aux gouvernements de faire face à leur surendettement croissant. Afin d’absorber une inflation potentiellement plus élevée à long terme, il est recommandé d’investir dans des « placements favorables à l’inflation », tels que l’énergie, l’industrie et les matières premières. Les matières premières, l’immobilier, les obligations indexées telles que les TIPS (titres du Trésor protégés contre l’inflation) et les actions value sont également intéressants. Les actions de type value ont historiquement signé une meilleure performance en période d’accélération économique, d’inflation et de hausse des taux d’intérêt. Dans le même temps, une certaine allocation aux valeurs liées à l’or est conseillée afin de couvrir le risque.

Conclusion

La diversification est la clé. À titre d’exemple, les portefeuilles d’investissement américains sont souvent trop massivement concentrés sur les États-Unis, même si plus de la moitié de la capitalisation boursière mondiale a lieu en dehors de ce pays. Par conséquent, un portefeuille diversifié à l’échelle mondiale est mieux armé contre les fluctuations et les risques du marché.

Les pandémies sont des évènements rares, mais les individus en tirent des leçons et sortent plus forts de la crise. Ils s’adaptent mieux aux circonstances et sont davantage flexibles face au changement. L’économie mondiale continue certes de croître, mais l’inflation naissante et la mutation du virus sont source d’inquiétudes. Les gens abordent désormais le monde avec une conscience accrue des connexions et interdépendances mondiales.

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