Rester au chômage pour mieux profiter de la vie

3 novembre 2020

Après les États-Unis, où de plus en plus d’américains font le choix d’accepter et même de revendiquer sans complexe le droit au bonheur en temps de chômage, c’est maintenant le tour des européens de reprendre le flambeau. Si au pays des extrêmes, tout est démultiplié, en Europe la tendance s’installe doucement. En effet, les employés, les cadres et les jeunes qui se retrouvent au chômage du jour au lendemain, tentent à tout prix de se reconstruire.

Issu du mariage des mots ‘fun’ et ‘unemployement’ (chômage), le funemployement, ce nouveau mode de vie repose sur un principe tout simple: rester sans emploi pour mieux profiter de la vie. Convaincus qu’ils feraient mieux de prendre du bon temps que de se sacrifier pour un patron, les ‘funemployed’, généralement des célibataires entre 20 et 40 ans, revendiquent leur droit à  l’inactivité

Dans cette dynamique, le chômage n’est plus perçu comme une fatalité. Bien au contraire, les pratiques de licenciement des entreprises jumelées à l’absence d’épanouissement au travail contribuent tous deux à cultiver une nouvelle distance avec le monde de l’entreprise. Ajouté à cela, s’installe également une insécurité de l’emploi devenant plus que jamais volatil, ainsi que des retraites se réduisant à vu d’œil, ce qui n’offre plus d’alternatives à améliorer son employabilité.

Prendre du recul sur un train de vie trop rapide

Pour les « funemployment » regroupant « fun » et « unployment » littéralement « chômage amusant », à commencer par le bénévolat, la thérapie, l’engagement citoyen, les activités artistiques, etc. Tout ça dans l’espoir d’acquérir de nouvelles compétences afin de pouvoir rebondir sur une opportunité nouvelle nourrissant leur désir de reconversion. 

Afin de passer à l’étape de lâcher prise, de l’amusement et de la détente, il est important de passer par l’étape de l’acceptation et de l’adaptation. Faire le deuil de son ancienne activité, de son ancien train de vie qui tourne à mille à l’heure. Il est vrai qu’évoquer le chômage-plaisir pile au moment où des millions de personnes perdent leur emploi peut être perçu comme paradoxal. Dans les faits, le travail est considéré tel un attribut identitaire, une raison de vivre, une obligation de se rendre utile à tout prix. Dans cette logique, perdre son travail revient à perdre son utilité dans la vie. Ce qui nous amène à cette vision péjorative du chômage contre laquelle nous essayons de lutter au cours des dernières années.

Pour pouvoir rebondir dans telles situations, il est important d’entamer la phase de l’acceptation. Après avoir vécu la désillusion, la sidération, la colère, le chagrin de la perte, vient par la suite la reconstruction. A ce stade, vous êtes plus tourné vers la guérison et n’avez plus aucune remontrance envers vous-même.

Aller au-delà des normes

Une fois passé le plus dur, la reconstruction par le fun devient une source d’inspiration. S’agissant des personnes qui n’ont toujours eu d’obsessions que le nombre de zéros qui composent leurs salaires ou encore au nombre de difficultés surpassées pour arriver au sommet, le chemin sera plus long à affronter. Car plus difficile à surmonter, ces personnes trouveront des difficultés à s’affranchir des normes sociétales qu’elles ont toujours connues et sur lesquelles elles ont basées leurs équilibres. Afin de faire un travail sur eux-mêmes, il leur sera essentiel de faire abstraction du jugement des autres, en particulier de leurs proches, mais également d’eux-mêmes.

En conclusion, dans une société centrée sur l’achèvement du soi conditionné par l’accomplissement au travail, l’acceptation progressive du chômage demeure une vraie révolution. Celle-ci fera en sorte de stimuler les aptitudes à la reconversion de toutes les façons possibles.

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