Les relations alémanico-romandes: l’avis de Marc Hasler, CEO de DPD Suisse

19 janvier 2012

La logistique du colis est un excellent indicateur de la marche de l’économie, au niveau des régions comme à l’échelle nationale et internationale. J’ai donc posé la question des relations économiques alémanico-romandes à Marc Hasler, nouveau CEO de l’opérateur de colis DPD Suisse.

Ancien chef vente & marketing de l’entreprise, puis CEO de DPD Belgique & Luxembourg pendant quatre ans, Hasler connaît la Suisse à la fois de l’intérieur et de l’extérieur: « Il y a beaucoup de similitudes entre la Suisse et la Belgique », me dit-il, « il s’agit de deux Etat-Nations multiculturels de petite taille qui doivent tous deux tenir tête à une concurrence internationale sévère. »

Puis, Hasler souligne les différences: en Belgique, les mentalités sont séparées les unes des autres le long d’une frontière linguistique qui est devenue, malheureusement, une frontière politique aussi, où s’affrontent des régions dotées de pouvoirs qui leur permettent de se bloquer mutuellement – ainsi a-t-il fallu plus de 500 jours à la Belgique pour élire un gouvernement dont la posture est toujours précaire.

« Comparé à ces problèmes-là, le Röschtigraben helvétique est une problématique cosmétique », remarque Hasler. Le transporteur de colis DPD Suisse, qui dessert tout le territoire national, est présent dans toutes les régions du pays. « Nous avons affaire à des mentalités différentes: tandis qu’à notre siège, le centre de tri de Buchs près Zurich les réunions commencent à la minute, le quart d’heure vaudois et de mise à Lausanne – semblable au « academische kwartiertje » en Belgique. Cette multiculturalité fait partie de notre culture d’entreprise, nous encourageons nos collaborateurs à suivre des cours d’approfondissement de leurs connaissances linguistiques et culturelles. Nous avons d’ailleurs des dépôts entièrement bilingues à Tavannes et à Berne, qui desservent les deux régions. »

« Ne constatez-vous pas, cependant, un certain déséquilibre dans le tissu économique suisse? L’activité économique semble de plus en plus se concentrer sur les grandes régions métropolitaines, prises, d’ailleurs, dans un mouvement centrifuge. » Mon interlocuteur relativise: « Bien sûr que le poids des grandes villes et de leurs agglomérations se fait sentir. Vous avez Greater Zurich, suivi de Bâle et de Berne, vous avez l’arc lémanique avec Genève et Lausanne. Mais nous constatons aussi, ces dernières années, une évolution intéressante le long des hauteurs du Jura, stimulée par l’horlogerie et la technologie médicale ainsi que les producteurs d’instruments de mesure et de contrôle.

Cette région périphérique vient de faire un grand pas en avant. Cela veut dire que la situation économique en Suisse est parfaitement dynamique, et que si nous enregistrons moins de colis dans les Alpes bernoises et aux Grisons, cela peut changer d’ici quelques années! La répartition de nos volumes en Suisse est d’ailleurs parfaitement classique: 65 % en Suisse alémanique, 30 % en Suisse romande et 5 % au Tessin. »

Comme l’export est l’un des vecteurs de la prospérité helvétique, je veux savoir ce qu’on peut en déduire des flux de marchandises entre la Suisse et l’étranger, DPD Suisse faisant partie d’un réseau international très performant, le groupe GeoPost, qui appartient à La Poste française. « L’Allemagne constitue notre marché d’exportation le plus important, sans doute, me dit Hasler, suivi par d’autres pays voisins. Cependant, il y a des différences selon les régions. La Suisse romande favorise les relations commerciales avec la France, tandis que la Suisse alémanique est plutôt tournée vers l’Allemagne. Or, comme DPD appartient à la Poste française, et que nous profitons de trois réseaux de distribution très efficaces en France, nos volumes respectifs sont nettement supérieurs à la moyenne. »

Le constat de dynamisme de Marc Hasler rend optimiste: Pourquoi ne pas exploiter davantage le potentiel du pays, en intensifiant les coopérations entre les acteurs économiques des différentes régions? Le réseau helvétique de DPD Suisse, de toute façon, est prêt pour l’opération, avec ses 10 dépôts à tous les coins du pays et ses 450 véhicules/tournées qui assurent, avec leurs xxxx tournées par jour, un service du colis tout territoire impeccable. « Nous appartenons à la Poste française, me dit l’Argovien Hasler, mais nous sommes suisses à part entière. PME nous mêmes, nous sommes proches des PME, qui constituent la colonne vertébrale du pays.

Dr. Peter Köppel, Consultant chez Le Monde Economique et Président du conseil d’administration de Köppel+Partner

 

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