Les smartphones et leurs applications annoncent-ils la fin des technologies d’hier ?

22 novembre 2011

Ces jours-ci, essayez de taper « Applications mobiles » sur votre moteur de recherche. Vous risquez de chercher un bon moment, avant de tomber sur l’article de l’encyclopédie disponible sur le Web qui s’excusera presque de ne vous livrer qu’une ébauche d’article…

Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, la technologie avance plus vite que la connaissance. A peine le temps de s’être habitué à un outil dont on nous assure que l’ergonomie n’a d’égale que la performance, en voilà un nouveau qui survient pour nous faire rejeter l’ancien illico presto.

En matière d’outils technologiques c’est l’infidélité qui prime, avec son cortège d’absurde et de dérisoire. Les smartphones sont de cette race; ils encouragent le dérisoire, la fonction principale de l’appareil semble progressivement s’effacer au profit de ses fonctions périphériques.

C’est cette inutilité déconcertante mais divertissante qui nous maintient dans un état proche de l’enfance à l’instant d’opter pour l’objet providentiel…

Le secteur des biens d’équipements techniques est en pleine croissance, le recul amorcé à la fin de l’année 2009 n’est plus qu’un vieux souvenir. Comme la confiance est revenue, les appareils photos, la bureautique ou les télécommunications se portent mieux.

Cependant il est un secteur qui peine à retrouver son statut d’avant. Les consoles de jeux observent en effet un net recul de leur chiffre d’affaires en 2010. En Suisse, la diminution frôle les 11%. Les consoles portables sont les premières affectées, puisque elles enregistrent une baisse historique de 33%.

Les multinationales du jeu vidéo traversent actuellement une période d’incertitude, dont la cause majeure est l’émergence des applications mobiles. Les consoles, présentes sur le marché depuis le milieu des années 80, subissent un recul quand dans le même temps les jeux sur smartphones poursuivent une percée significative.

Ce qui est très significatif aujourd’hui, c’est que l’invention d’un seul appareil, le smartphone, bouleverse notre rapport au monde et modifie notre perception du temps. Cet outil, en réduisant les fonctions communication et internet au même usage, s’apprête à opérer sa mue finale en devenant également un outil de loisir, confirmant son statut d’appareil multifonctions.

Le marché est en pleine expansion. Les applications mobiles représenteront pratiquement 6 milliards de chiffres d’affaires pour 2011. D’autres avancent le chiffre de 15 milliards, mais ces chiffres sont encore assez nébuleux… Ce que nous savons, c’est qu’elles sont clairement devenus pour Apple, Microsoft ou encore Blackberry une problématique à prendre en compte parce qu’elles conditionnent désormais l’achat du smartphone.

La marque Nokia perd du terrain depuis deux ans parce qu’elle n’a pas su enclencher la marche avant au sujet des applications mobiles. A l’opposé, Apple est le grand bénéficiaire de cette révolution technologique…

Dans ce domaine, on ne parlera pas forcément de bénéfice, les applications mobiles à elles seules ne rapporteraient rien aux géants de l’électronique. Elles ne sont en vérité qu’un argument stratégique et technologique (parmi d’autres) qui permet de faire pencher la balance… Dans les critères de choix d’un smartphone le nombre et la qualité des applications rentrent de plus en plus souvent en ligne de compte. Même si les profits glissent dans la poche de leurs développeurs pour un taux estimé à environ 70% de la somme.

Plus largement, c’est à l’ordinateur que prétend se mesurer le smartphone. Certes, le bon vieux PC a encore de beaux jours devant lui, mais les usages habituels que sont le surf sur internet et la consultation des e-mails pourraient très bien se passer à l’avenir d’un outil encombrant, et d’autre part relativement coûteux en terme d’énergie.

Depuis plus de vingt ans, il nous accompagne au quotidien et ne fait plus figure d’objet incontournable. Au contraire des téléphones mobiles qui nous accompagnent tous les jours, et dont la perte nous plonge dans un tracas semblable à un trou d’air… Happés par le succès, les applications mobiles s’apprêtent pour la première fois à tenir salon à Paris au mois de mai prochain.

Faustin Rollinat/Rédacteur chez Le Monde Economique

 

Recommandé pour vous