Un regard sur le Moyen-Orient

19 décembre 2021

Photos © Reyl Finance

Par Fadi Barakat, directeur des investissements REYL Finance (MEA), à Dubaï

Le Centre financier international de Dubaï (DIFC) apparaît comme le point névralgique du secteur de la gestion de fortune dans la région MENA, avec dix-sept années de croissance exceptionnelle. Fin 2020, un total de 915 sociétés financières étaient actives, et 303 opéraient dans l’écosystème des FinTech et de l’innovation. Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de souligner l’importance de la région à l’échelle mondiale.

Les pays du Moyen-Orient détiennent environ 50 % des réserves mondiales de pétrole, une matière première précieuse qui les a aidés à atteindre un niveau de richesse substantiel. Au sein du seul CCG, on estime que les fonds souverains détiennent environ 2500 milliards de dollars.

Cartographie globale

Soucieuse de promouvoir le tourisme et les entreprises locales, la région est le théâtre de plusieurs événements majeurs. En 2022, le Qatar accueillera la Coupe du monde de football, l’événement planétaire le plus largement diffusé à la télévision. L’Arabie saoudite, quant à elle, organisera son premier Grand Prix de Formule 1, marchant sur les traces d’Abu Dhabi, et Dubaï recevra des visiteurs du monde entier pour une durée de six mois à l’Expo 2020. La région est devenue une plaque tournante mondiale, un trait d’union entre l’Est et l’Ouest, une passerelle vers l’Afrique pour les entreprises asiatiques, un foyer pour les expatriés et les entrepreneurs qui ont rencontré succès et prospérité au cours des vingt dernières années.

Centres financiers

Dubaï a été la première à répondre au besoin croissant de disposer d’un environnement professionnel dédié à la gestion d’argent en créant le DIFC. Il s’agit d’une zone franche financière régie par l’état de droit et supervisée par un organisme faisant autorité, la DFSA. Peu de temps après sa création en 2004, les banques internationales ont commencé à manifester leur intérêt pour une présence au sein du DIFC afin de répondre aux besoins de la clientèle régionale. Ces dernières années, les EAU ont ainsi vu s’établir de nombreux gérants d’actifs, courtiers et gérants de fonds indépendants. La mixité culturelle, les infrastructures, la sécurité et le niveau de vie élevé ont contribué à attirer des talents du monde entier, plaçant Dubaï en pole position. D’autres acteurs majeurs lui ont emboîté le pas. En 2015, Abu Dhabi a créé son propre centre financier, l’ADGM, et l’Arabie saoudite entreprend le développement à grande échelle d’une nouvelle plateforme financière, le KAFD. 

La numérisation et les FinTech jouent également un rôle important. À la Fintech Hive aux Émirats arabes unis, vous trouverez de jeunes professionnels débordants d’énergie et travaillant sans relâche sur les technologies du futur. Les crypto-monnaies ont également fait leur chemin vers la région MENA. Changpeng Zhao, qui gère la plus grande bourse de crypto-monnaie au monde, a acheté sa première maison à Dubaï, ville qu’il décrit comme « très pro-crypto, où le gouvernement est progressiste, avec un très bon environnement de travail. »

Produit et offre

Les émissions de crédit des gouvernements et des entreprises ont prospéré au cours de la dernière décennie. En 2012, le volume total des émissions d’obligations dans la région MENA s’élevait à 40 milliards de dollars ; en 2016, ce nombre avait presque doublé. En 2021, nous sommes en passe d’atteindre 140 milliards de dollars, le Qatar et l’Arabie saoudite en tête. Les banques et les entreprises locales ont également été actives sur le marché du crédit, émettant de la dette de premier rang et secondaire, faisant de Dubaï le siège des plus grands fonds Sukuk confiés à des gestionnaires d’investissement internationaux réputés.

Du côté de la gestion de fortune, les clients présentent aujourd’hui des profils de plus en plus complexes et ont donc besoin d’un haut niveau de service, tant du côté conseil/gestion discrétionnaire que de la gamme de produits d’investissement. L’importance croissante de la technologie a conduit à une évolution des deux côtés : les institutions se tournent vers des plateformes d’offres où les clients peuvent ouvrir des comptes, investir leurs avoirs et faire appel à des conseillers virtuels qui rendent l’accès aux marchés plus facile et plus intelligent ; les clients exigent également de meilleurs niveaux de service et des solutions plus sophistiquées.

En 2009, le total des actifs sous gestion au Moyen-Orient et en Afrique s’élevait à 900 milliards de dollars, il a atteint 1 400 milliards de dollars en 2020. Le principal moteur a été une augmentation des actifs des fonds souverains ; cela représente une hausse de 66 % et la dynamique devrait perdurer.

Alors que la région connaît une croissance économique, il en va de même pour le secteur de la gestion de fortune. Attirant certains des meilleurs talents du monde, son approche moderne des affaires et ses infrastructures de classe mondiale ont été la clé du succès des centres financiers nouvellement créés, et cette tendance devrait se poursuivre dans un avenir proche.

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