Photo Birstol Paris suite Eden ©Franck Bohbot
Fraîchement centenaire, le Palace Le Bristol Paris, porte-étendard Oetker Collection, a marqué des générations. L’établissement a un sens inné pour sublimer l’instant et vous étreindre pour longtemps. Lever de rideau sur une adresse hors catégorie pour comprendre la magie derrière ce chic.
Par Sabah Kaddouri
Appartenir autant aux guests qu’aux collaborateurs qui font vœu de longévité instinctivement. Dans le monde feutré de l’hospitalité de luxe, c’est un graal dont beaucoup cherchent encore la formule…Le palace Le Bristol Paris a gravé dans le marbre cette aspiration en étant semblable à « une maison » des deux côtés du miroir. Dans le cœur des résidents et des artisans de leur bien-être, l’établissement centenaire n’est pas qu’un lieu où dormir ou bien travailler, mais un sanctuaire où s’épanouir, où vivre des moments de vie dans un confort protégé. Dès les portes franchies, on retrouve un décor familier empreint de chaleur et de grâce, ce genre d’agencement ‘wow effect’ qui jamais ne retombe comme un soufflet. Table de chasse majestueuse ornée de fleurs composant un tableau flamboyant, canapés de velours en frange invitant à se détendre, tapis persan, appliques en bronze doré ou encore spectaculaire fresque murale du XVIIIème siècle. Immuable mise en scène annonçant qu’on a enfin atteint destination. Le meilleur est à venir, l’âme d’Hippolyte Jammet en est garante.
Rembobinons, il était une fois les Années Folles… Au 112 rue du Faubourg-Saint-Honoré, un entrepreneur visionnaire pressent la montée en puissance du quartier qui bientôt alignera les plus prestigieuses enseignes (Hermès, Lanvin, Carita…). Après tout, la présidence de la République française – Palais de l’Elysée – et la résidence des premiers ministres, Matignon, indiquaient l’avènement de cette rue en or. Pour Hippolyte Jammet, il fallait un hôtel à la hauteur des voyageurs exigeants. C’est en 1925 que Le Bristol Paris fit une entrée fracassante dans l’hôtellerie parisienne et européenne. Passage obligé des têtes couronnées, des nouvelles étoiles issues du Septième Art, ou le début d’un règne qui a toujours cours, épicentre des intellectuels et des hommes d’affaires à l’origine de belles success stories. Chacun découvrant au Bristol Paris que luxe, art et volupté pouvaient aussi se conjuguer avec nuitée.
Au fil des décennies, le cinq étoiles s’impose dans l’agenda des uns et des autres. Tous, appréciant de faire villégiature dans cet endroit où l’on a ses habitudes en chambre, à table, au bar, dans le jardin. Et au-delà du côté agrément, c’est dans ces mêmes murs que les cercles les plus influents façonnent le futur. L’homme n’étant pas éternel, son empreinte oui. Depuis 1978, la famille Oetker – grande dynastie industrielle allemande – a repris le flambeau. Perpétuer la tradition tout en embrassant les vents du changement, le défi en a décontenancé plus d’un ! Pas les nouveaux propriétaires. Le Bristol à l’ère Oetker, c’est un établissement labellisé Palace, le rendez-vous du nouveau monde et de l’ancien dans une cohabitation parfaitement harmonieuse. Une leçon d’hôtellerie.
A celles et ceux qui sont prêts à dépenser une coquette somme pour un dîner étoilé ou pour une nuit de haute volée ; à ces esthètes qui poussent leurs standards plus loin encore : leurs chemins s’entrecroisent au Bristol Paris. Le Palace des palaces surclasse ses pairs sur bien des aspects, à commencer par la conception maison de tous les pains et viennoiseries. L’hôtel dispose d’un véritable fournil à partir duquel les artisans boulangers préparent affectueusement la farine pour donner vie à de délicieuses miches de pain. Dans l’antre du luxe, le moulin donne le las à ce « petit village » de Bristoliens – nom donné aux 650 employés – instaurant un lien viscéral à la terre nourricière. La symbolique du pain raconte beaucoup sur l’attention portée aux détails et sur l’importance accordée aux hôtes. C’est un travail de fond qui a été mené pour rendre possible ce qui n’existe toujours pas ailleurs : l’installation d’un atelier grandeur nature dans les entrailles de l’hôtel afin d’offrir la base des aliments, épuré de tout additif. Un pain d’antan 100% naturel pétri dans le blé consommé par nos aïeux.

De Paris à Genève en passant par Alger, Rio, Toronto ou Jakarta, combien sommes-nous à ne pas pouvoir manger sans pain ? Même les « sans gluten » qui peuplent les villas huppées de Los Angeles envisagent difficilement un repas sans le saint des saints. Dans les sous-sols du cinq étoiles, un dédale de couloirs, éclairé par des néons, mène à d’autres fabriques : une fromagerie, une cave, une chocolaterie, Le Bristol est bien l’hôtel des gourmets soucieux du bien manger. En surface, on retrouve une extension visible de cette philosophie matérialisée par une épicerie fine. Vous repartirez bien avec l’un des bocaux sucrés ou salés concoctés par les Ateliers du Bristol ? Saumon fumé au bois de hêtre, miel récolté sur les toits de l’établissement, huile d’olive, pâté en croûte, épices ou biscuits exquis nous accompagnent à domicile en attendant le prochain séjour.
Le guest veut voir autre chose que ces vitrines joaillières et de vêtements griffés, sempiternelle scénographie hôtelière. Certes, les plus grands couturiers sont bien représentés, mais quel plaisir de voir valoriser les produits de bouche qui, eux, nous projettent vers une autre forme de réjouissances. Celles qui évoquent un repas dominical en famille, joyeux et authentique. On empaquette ces trésors gustatifs enthousiasmé par l’idée de réunir les siens le prochain dimanche. Le luxe, n’est-il pas avant tout expérientiel ?
Le temps de nourrir cette réflexion, voilà qu’apparaît la mascotte du palace…Vous aurez certainement le loisir de croiser Socrate, un splendide chat devenu membre bristolien à part entière ! Le félin birman au port altier vit librement d’un recoin à l’autre, au gré des visites, on s’y attache. Digne fils de Fa-raon, Socrates marche sur les pas d’un père très aimé des guests pour son fort caractère teinté de douceur pour qui savait lui ronronner des sérénades. Aujourd’hui, l’hériter Socrates donne un supplément d’âme à cet hôtel décidément inimitable.

La clef du bonheur est aussi dans les 188 chambres et suites, des pieds-à-terre témoignages vivants des savoir-faire français en matière de raffinement et d’excellence patrimoniale. On s’arrête sur l’un de ces joyaux, la Suite Eden lovée au 6ème étage et qui semble tout droit sortie des cieux… Cet appartement d’exception de 110 m² abrite une magnifique chambre, deux salles de bain, un vaste salon-salle à manger, ainsi qu’une divine terrasse arborée privative. Un espace généreux baigné de lumière devenu le terrain de jeu des maîtresses de maison, Elvira et Narcisa Oetker. Le tandem créatif a métamorphosé cette suite en écrin, et tant d’autres encore. A mesure que l’on explore les lieux, le regard s’attarde sur la beauté du mobilier et sur les détails incrustés ici et là : des rideaux texturés de la Maison Schumacher et Braquenié aux coussins délicats signés Pierre Frey, en passant par l’assise soyeuse d’un canapé Clarence House piqué de feuillages stylisés, aux luminaires Baguès Paris, ou à la vue de cette console en bronze d’Osanna Visconti, inspirée du bambou.

L’accueil est princier. On a l’impression de s’offrir une fugue bucolique en son château champêtre tant on est enveloppé de sérénité, connecté à la nature. La dominante de tons verts, le jardin suspendu en arrière-fond, la table extérieure en pierre de lave, les bouquets de fleur embaumants… Tout y concourt grandement. Prendre soin de vous, telle est la promesse des gardiens du temple. Ainsi, on s’aventure au bout de la terrasse pour un pur moment de bien-être, la Suite Eden héberge un spa exclusif, accessible que de vous et vos heureux pensionnaires. Dissimulée derrière des portes vitrées, cette bulle verdoyante accueille un hammam, un sauna, un jacuzzi, deux tables de massage, une douche… A toute heure du jour ou de la nuit, on a un passeport pour la félicité.
Besoin de rafraîchir sa coupe ? On booke son Hair Stylist, Coralien Fial, coiffeur à résidence habitué des crinières les plus célèbres, et à la discrétion. On imagine sans mal le pic de demandes pour loger dans cette suite idyllique à l’heure de la Fashion Week et des grands rendez-vous parisiens. Dès lors, il est tentant de s’y barricader pendant toute la durée de sa villégiature, mais le Bristol regorge d’expériences à vous donner le tournis et l’envie de reprendre l’ascenseur !
Un dîner gastronomique à la table triplement étoilée Epicure ? Le jeune Chef Arnaud Faye a ouvert un nouveau chapitre plein d’audace. Au four et au moulin, l’homme veille à la bonne symphonie de tout l’univers culinaire du palace. Chapeau l’artiste ! Un massage délassant au spa La Mer ? Une escapade au bar Le Bristol After Dark quand la Ville Lumière s’apprête à s’endormir ? Un tête à tête gourmand au 114 Faubourg pour découvrir les plats signature de cet autre restaurant étoilé, cantine du Tout-Paris ? Ainsi va la vie au Bristol, une mélodie quotidienne faite d’agapes, de relaxation, d’introspection et de sociabilisation.
Cent ans d’enchantement d’une grande Dame à jamais jeune première.
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