Fed, inflation, Asie : le point de vue macroéconomique

19 octobre 2021

Photo © Banque Reyl

Par Cédric Özazman, CIO de la Banque REYL

Le vent change sur les conditions monétaires mondiales, puisque la Fed devrait commencer à réduire le rythme de ses achats mensuels d’actifs (tapering) d’ici la fin de l’année, avec une fin probable à la mi-2022. Dans le même temps, la Norges Bank est la première banque centrale des économies développées à avoir augmenté son taux d’intérêt au cours de ce cycle, une décision qui devrait être suivie prochainement par la RBNZ, la BoC et la BoE. Les marchés financiers perdront un soutien essentiel à l’avenir, et nous nous attendons donc à une augmentation de la volatilité à moyen terme.

Un autre sujet clé est l’inflation : il se pose la question de savoir si le pic actuel est permanent ou simplement transitoire. Nous restons prudemment dans le camp du « transitoire » mais reconnaissons que le rythme des révisions à la hausse de l’inflation continue de s’accélérer, ce qui prouve que les augmentations de prix sont plus fortes que prévues. Nous pourrions même assister à une accélération de la croissance des salaires dans les mois à venir, car la pénurie de main-d’œuvre aux États-Unis est plus forte que jamais.

Le pic de croissance post-crise est déjà passé et nous constatons que la dynamique de croissance mondiale s’estompe sur la plupart des données macroéconomiques. La révision des prévisions de croissance s’est infléchie au troisième trimestre, ce qui accroît les risques de stagflation. Toutefois, à court terme, nous pourrions assister à un rebond économique au quatrième trimestre.

En Asie, les conditions macroéconomiques se sont dégradées, la plupart des indicateurs nationaux de la Chine s’affaiblissant au troisième trimestre, le gouvernement donnant la priorité aux réformes structurelles. La réduction du RRR (Required Rate of Return) en juillet pourrait signaler un changement de politique visant à soutenir davantage l’économie. Les réductions de RRR marquent généralement plancher de l’indicateur d’impulsion du crédit, ce qui serait une évolution positive pour les actifs chinois.

Dans l’ensemble, nous maintenons un positionnement procyclique, en étant prêts à acheter en phase de baisses, tant qu’il n’y a pas de ralentissement économique significatif. 

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