Photo Diana Caballero © Casa Boost
À son arrivée à Genève, Diana Caballero cherchait un lieu où s’entraîner comme elle le faisait au Mexique. Faute de le trouver, elle a décidé de le créer.
Lorsque sa famille lui a demandé si elle était sûre de vouloir créer son entreprise, elle a répondu oui, sans hésiter. Les doutes sont venus ensuite. Elle avait une formation en gestion, une expérience dans le luxe et une idée précise de son projet. Elle ignorait si les clients seraient au rendez-vous.
Après des études en administration des affaires à l’International University in Geneva, elle a obtenu en 2015 un MBA avec une mineure en marketing du luxe. Rentrée au Mexique, elle a travaillé comme business analyst chez Cartier, où elle a appris à prêter attention aux processus, à la qualité et au service. Revenue à Genève en 2019, elle a tenté de réintégrer la maison, mais les conditions liées à son permis faisaient obstacle à son embauche. Elle a choisi d’entreprendre.
L’idée venait de son expérience de cliente. Au Mexique, elle avait trouvé dans les studios une façon de vivre le sport qui lui plaisait : la discipline, l’énergie du groupe, l’envie d’aller plus loin. À Genève, elle ne la retrouvait pas. Elle découvrait aussi une culture sportive tournée vers le plein air, le ski et la randonnée, là où elle-même avait l’habitude de la salle. Elle y a vu une opportunité, à condition d’adapter son idée aux habitudes locales.
Pendant la pandémie, elle a consacré un an et demi à préparer son projet, sans fournisseurs ni repères sur les coûts réels d’une activité aux nombreuses charges variables. Elle a aussi appris à trier les conseils. « Tous les avis sont valables, mais ils n’ont pas tous le même poids. »
En 2021, elle a ouvert un premier studio, à l’origine de CASA BOOST : une salle de cours et des vestiaires, de quoi vérifier que le concept fonctionnait avant de le déployer entièrement. Les débuts, entre deux vagues de Covid, ont été difficiles sur le plan financier. Avec le recul, elle y voit le temps dont elle avait besoin pour apprendre son métier.
Le marché lui a réservé des surprises. Ses clients partaient plus souvent en week-end, et plus longtemps en vacances, qu’elle ne l’avait anticipé à partir de son expérience mexicaine. Il a fallu comprendre l’effet de ces absences sur la fréquentation et trouver un équilibre entre taux de remplissage, tarifs et coûts. Elle a aussi dû expliquer davantage le fonctionnement d’un studio, jusqu’à la logique d’horaires d’ouverture calés sur les cours. Avec la multiplication de ces lieux et leur visibilité sur les réseaux sociaux, elle constate que les questions ont changé.
En avril 2025, une deuxième adresse a ouvert aux Eaux-Vives, un quartier où des clients la réclamaient avant même qu’elle soit annoncée. La programmation est passée de 20 à 65 cours par semaine. Diana Caballero a pu développer le projet imaginé au départ, avec cette fois l’expérience d’une cheffe d’entreprise.
Son regard de cliente reste au centre de sa manière de diriger. Ses instructeurs suivent différents cours en tant que participants et vivent tout le parcours, de l’accueil à l’après-séance. Elle veut qu’ils comprennent le service du point de vue de ceux qui le reçoivent.
Elle envisage désormais de se développer en Suisse, puis à l’étranger, et se dit ouverte à un apport de capitaux extérieurs, mais pas avant d’avoir consolidé l’équipe et la méthode. Le studio qu’elle ne trouvait pas existe aujourd’hui. Reste à savoir jusqu’où il peut voyager.
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