Les économies africaines à l’épreuve du coronavirus

9 mars 2020

Par Abdou DIAW

Dernier continent à être touché par le coronavirus qui a fait son apparition à Wuhan en Chine, l’Afrique est loin d’être à l’abri des répercussions économiques causées par ce virus qui continue à se propager dans le reste du monde. Comme il est constaté un peu partout dans le monde, l’Europe, les Usa, l’Asie sont sous l’emprise du Covid19 avec des craintes fondées sur d’éventuelles contreperformances économiques. Le 2 mars 2020, Laurence Boon, cheffe économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sonnait déjà l’alerte en déclarant que l’économie mondiale fait face à son plus grand danger depuis la crise financière.

L’Ocde prévenait également que l’épidémie de coronavirus (COVID-19) est lourde de conséquences pour les perspectives économiques. En effet, elle relève que les restrictions à la circulation des personnes, des biens et des services, et les mesures d’endiguement de l’épidémie telles que les fermetures d’usines ont réduit sensiblement l’activité manufacturière et la demande intérieure en Chine. Les répercussions sur le reste du monde s’accentuent, qu’elles soient liées aux voyages d’affaires et de tourisme, aux chaînes d’approvisionnement, aux produits de base ou au recul de la confiance. Les économies africaines souffrent aussi du Covdi19 avec un lot de conséquences négatives qui se manifestent sous plusieurs formes.

Dans un monde où la globalisation des économies et le renforcement des échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Asie, notamment la Chine, prennent de nouvelles proportions le moindre facteur déstabilisateur peut affecter toute la chaîne de valeur économique, financière et commerciale mondiale. Par conséquent les pays africains sont plus que jamais exposés à ce risque. C’est dans cette optique que Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, lors de la réunion ministérielle d’urgence sur l’épidémie de la maladie à coronavirus (covid-19), mettait en garde : « Nous savons tous que si des mesures drastiques de prévention et de contrôle ne sont pas prises d’urgence, les conséquences économiques, sociales voire sécuritaires de l’épidémie pourraient se ressentir à très grande échelle ; et notre cher Continent, l’Afrique, est particulièrement exposé, compte tenu de ses systèmes de santé relativement fragiles, des épidémies concomitantes en cours sur le continent, du manque de ressources, de la mobilité de la population et autres vulnérabilités ».

Au plan des échanges, l’on ne peut pas nier la forte dynamique commerciale entre la Chine et l’Afrique même si la balance semble favorable à la puissance économique de ce pays asiatique. Si l’on n’y prend garde, une propagation de ce virus pourrait entrainer des conséquences beaucoup plus néfastes sur les économies comme un repli des échanges, le renchérissement de certaines denrées de consommation, la contraction de la croissance dans certains Etats. C’est un impératif pour les pays africains et les institutions financières internationales d’adopter une approche globale en conjuguant leurs efforts afin de contenir les effets dus à une probable persistance du coronavirus dans le monde.

A ce titre, il faut saluer le message conjointement publié par le président de la banque mondiale et la directrice générale du Fmi, David Malpass et Kristalina Georgieva. Ces derniers affirmaient, le 2 mars 2020, que le FMI et le Groupe de la Banque mondiale étaient prêts à aider leurs pays membres à faire face aux tragédies humaines et aux difficultés économiques causées par le virus COVID-19. Ils ont promis d’utiliser autant que possible les instruments dont ils disposent, notamment les financements d’urgence, les conseils et l’assistance technique. En particulier, les deux dirigeants offrent des mécanismes de financement rapide qui, collectivement, peuvent aider les pays à répondre à des besoins très divers.

Abdou Diaw – ¨ PhD candidate, journaliste économique et financier – Dakar, Sénégal

 

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