L’heure est à la finance à impact positif

27 novembre 2019

Par Natacha Guerdat

La finance à impact positif a pour objectif d’engager des capitaux d’investissement privés aux côtés des ressources publiques et de la philanthropie afin de relever les défis mondiaux les plus pressants.

Plus que jamais, intégrer l’impact positif dans ses décisions d’investissement permet de contribuer de manière constructive à la définition d’une société équitable et d’une planète vivable. Les objectifs de développement durable (ODD), définis en agenda politique, sont graduellement utilisés par les entreprises afin d’orienter et de hiérarchiser leurs stratégies de développement durable.

De fait, de nombreuses possibilités d’investissement existent. Des projections conservatrices estiment les opportunités commerciales liées aux ODD à hauteur de 12 000 milliards de dollars d’ici 2030. En investissant dans les entreprises contributrices, l’investisseur renforce son exposition à des sociétés en croissance dont les perspectives économiques sont attrayantes.

Asteria Investment Managers, une filiale du Groupe REYL lancée en octobre 2019 et entièrement dédiée à l’impact social et environnemental, a pour vocation d’accélérer la mobilisation de capitaux permettant d’atteindre une transition vers une société durable.

ESG et impact, «same, same, but different »

Les acteurs financiers proposent aujourd’hui une palette diversifiée de produits intégrant des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la sélection des sous-jacents. Le plus souvent sur base de scores relatifs sectoriels, le degré de contrainte diffère largement d’un produit à l’autre et n’intègre pas d’objectifs d’impact.

Les investissements à impact sont des investissements réalisés dans l’intention de générer un impact social et environnemental positif et mesurable ainsi qu’un rendement financier. Une caractéristique essentielle, outre l’intentionnalité, est l’engagement de l’investisseur à mesurer et à rendre compte de la performance sociale et environnementale ainsi que des progrès des investissements sous-jacents.

La floraison d’acronymes qui gravitent dans le marché de l’investissement durable a largement contribué à la confusion des non-initiés. Peu importe la classe d’actifs, les stratégies d’intégration ESG, les produits responsables, thématiques ou d’impact, nombre d’investisseurs en perdent leur latin et dénoncent une forme de « greenwashing ». Il en résulte une suspicion, parfois légitime, sur l’impact réel de la prise en compte des enjeux du développement durable dans les décisions d’investissement.

Il n’existe en effet aujourd’hui aucune règle de conformité permettant de sélectionner sereinement le bon produit sur la seule indication de son nom. Le fardeau de la preuve demeure entre les mains de l’investisseur, ou de son mandataire.

Une partie de la réponse sera probablement règlementaire. L’Union européenne planche depuis plus de deux ans sur l’élaboration d’une taxonomie commune et propose aujourd’hui un référentiel dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2022. Ce référentiel propose une liste de six activités économiques qui apportent une contribution substantielle aux problématiques environnementales qui sont l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique, l’usage durable de l’eau et des ressources marines, l’économie circulaire, la prévention de la pollution et la protection de la biodiversité.

Cette classification n’aborde qu’une partie de l’univers d’investissement puisqu’elle ne concerne que le « E » de l’ESG.

Combler l’écart de financement

Les besoins en capitaux pour atteindre les ODD sont colossaux. Certaines estimations articulent des investissements nécessaires à hauteur de USD 2,5 trillions par année. Or, au printemps 2019, le Global Impact Investing Network (GIIN) estimait la taille actuelle du marché des investissements à impact mondial à environ 500 milliards de dollars dont 60% des actifs provenaient des Etats-Unis.

Bien que la définition ne se veuille pas restrictive, l’investissement à impact est souvent campé par des classes d’actifs peu liquides, notamment dans la microfinance, la dette privée ou le capital-risque.

En tant que société de gestion dédiée, l’ambition d’Asteria est de combler cet écart et de proposer une offre couvrant à la fois les classes d’actifs liquides et illiquides. Il nous semble indispensable d’intégrer le facteur d’économie d’échelle dans le financement de solutions et de services innovants et impactants. En outre, nous ne pourrons pas faire l’impasse de l‘accompagnement et de la transformation d’entreprises existantes, dont l’évolution du modèle économique et des usages opérationnels vers plus de durabilité sont nécessaires.

 

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