Comment remonter la pente après un échec ?

2 décembre 2018

Par Vanessa Krijava
« Ce qui ne tue pas rend plus fort »

Cette citation attribuée au philosophe Allemand Friedrich Nietzsche signifie que les traumatismes et l’adversité peuvent être bénéfiques pour un individu parce qu’ils lui permettent d’accroitre sa force morale. Vivre un échec permettrait donc de nous fortifier intérieurement…

Cependant, nul besoin d’être un fin psychologue pour comprendre que ce qui ne tue pas rend peut être plus fort mais blesse et abime aussi.

Si on se remet dans le feu de l’action immédiatement après un échec, sans prendre le temps de panser correctement ses traumatismes et sans faire le deuil de notre réussite telle qu’on se l’était imaginée avant d’échouer, alors … on fonce droit dans le mur.

Se lancer dans un nouveau projet, pour oublier l’échec du premier, alors que l’on n’est pas encore prêt à le faire, peut nous conduire à vivre un second échec qui sera plus douloureux que le précédent.

Les échecs à répétitions peuvent entrainer une perte d’estime de soi, de confiance en soi ou encore engendrer un sentiment d’impuissance qui va nous affaiblir dans la durée.

Ce qui risque de se produire à force de vivre des échecs, c’est que l’on va moins aller vers l’inconnu et la nouveauté, on va diminuer le périmètre de notre zone de confort par peur de se retrouver de nouveau confronté à un échec.

Il est donc nécessaire de prendre le temps de digérer un échec avant d’essayer d’en tourner la page. Je vous recommande vivement de passer par les 3 étapes ci-après qui vous aideront à mieux remonter la pente.

Étape #1 : accueillir ses émotions

C’est le point de départ pour une guérison saine et durable. Osez être triste, être en colère, être frustré, exprimez vos émotions verbalement ou par écrit, mais exprimez les !

Ne faites pas comme si cet échec ne vous avait pas du tout atteint. Au contraire, ce serait la pire des attitudes à avoir.

Si vous refoulez vos émotions et que vous choisissez de ne pas les entendre, vous faites un déni. Et, ce n’est pas parce que vous les ignorez que vos émotions disparaissent, elles sont toujours là, prêtes à jaillir à la moindre occasion. Le jour où elles sortiront, comme un geyser, vous serez submergé par vos émotions et bien obligé d’y faire face, même si ça n’est pas le bon moment pour vous.

N’attendez pas que vos émotions vous tombent dessus à l’improviste, accueillez les dès le début pour les apaiser durablement.

Étape #2 : se pardonner pour cultiver la sérendipité

C’est probablement l’étape la plus difficile, vous devez comprendre que VOUS n’êtes pas l’échec, vous êtes une personne qui a échoué. C’est très différent.

Vous avez tenté une chose qui n’a pas fonctionné et cela ne remet pas en cause qui vous êtes réellement.

D’ailleurs, je vous invite à répondre à cette question : diriez-vous de Christophe Colomb qu’il est un mauvais navigateur parce qu’il a échoué à ouvrir une nouvelle route vers les Indes … ou diriez-vous au contraire que c’est un grand navigateur parce qu’il a découvert un nouveau continent ?

Il en est de même pour vous. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas réussi à atteindre l’objectif que vous vous étiez fixé que vous ne valez plus rien.

Sur le moment il vous sera difficile, voire impossible de tirer une expérience positive de cet échec ; ce n’est qu’une fois que vous aurez accueilli et digéré vos émotions que vous pourrez alors identifier une ou plusieurs opportunités dans le fait d’avoir vécu cet échec.

A ce moment là seulement, vous pourrez répondre aux questions suivantes : Qu’avez vous appris de cette expérience ? Que pouvez vous ressortir de positif de cet échec ? Qu’est ce qui, de cet échec, vous sera utile pour la suite ? Qu’y avez vous appris ?

Attention, il ne s’agit pas de nier le coté négatif de l’échec mais plutôt de l’observer dans sa globalité, avec son coté négatif certes ET aussi avec son coté positif, c’est à dire avec l’enseignement utile que vous en tirerez.

Un autre exemple que j’adore en ce qui concerne la sérendipité, c’est l’histoire de ce chimiste qui, en 1968 et après 4 ans de recherche, fabrique une colle qui ne fonctionne pas car elle ne se colle qu’à elle même.

Le produit, qui devait initialement voir le jour sous forme de colle en spray, n’est finalement jamais commercialisé et le projet de recherche est abandonné.

Ce n’est que 6 ans plus tard, en 1974, qu’un scientifique a l’idée d’utiliser cette « mauvaise colle » en l’étalant sur du papier : il vient d’inventer le post-it.

Et vous, qu’avez vous créé de nouveau et d’inattendu en n’atteignant pas l’objectif initial ?

 Étape #3 : analyser les vraies raisons de son échec

Il s’agit dans cette dernière étape d’identifier les raisons de son échec en se basant sur des faits et non pas sur vos impressions ou sur vos ressentis.

Il se peut que par exemple, vous lanciez un produit génial sur le marché et que, malgré tous vos efforts de communication, les ventes qui démarrent très bien, ne décollent finalement jamais.

Si on analyse l’échec de manière non factuelle, on peut arriver à la conclusion suivante que « Les consommateurs ne sont pas intéressés par mon produit, ils ne l’aiment pas ».

Et si la raison de votre échec était que ce génial produit est en fait un produit de niche qui ne concerne pas suffisamment de monde pour vous assurer une rentabilité sur le long terme ? Et si au contraire, c’était un produit qui concerne tout le monde mais avec une concurrence très élevée … Aviez-vous prévu un budget suffisant pour communiquer en masse et vous faire connaître ? Il se peut en effet que vos clients potentiels n’aient tout simplement pas entendu parler de vous.

Les raisons d’un échec peuvent être multiples et pour en connaître les raisons, il faudra vous attacher aux faits et rien qu’aux faits.

Tel un détective, vous devez passer en revue chaque étape pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Identifiez ce que vous feriez différemment si c’était à refaire.

Chaque étape vous permettra de vous reconstruire, prenez le temps dont vous avez besoin pour les vivre sereinement et en ressortir plus fort.

Se faire accompagner par un coach permet souvent de prendre du recul par rapport à soi même, à son échec et vous permettra aussi d’opérer plus rapidement le changement dont vous avez besoin.

Vanessa KRIVAJA

Comédienne et Coach Certifiée

Prise de parole en public & Théâtre d’improvisation

www.vk-coach.com

 

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