Le retour aux valeurs…

14 mars 2019

Le visage du monde aujourd’hui semble bien sombre. Les dirigeants de bon nombre d’Etats

ont l’air morose et terne. Les motifs de leurs actions, d’autre part, restent obscurs, insaisissables ; un mystère complet entoure la manière dont ces grands responsables prennent leurs décisions.

 Que recherchent-ils au juste ? Quel est leur but ? Quelle est l’idée maîtresse qui régit leurs actes ? S’inspirent-ils d’un grand dessein, d’une vision pour l’avenir ? Est-ce le bien et la prospérité de leur pays, de leur région, qui les motive à agir ?

Ou c’est plutôt la fascination du pouvoir lui-même, l’éclat que ce pouvoir procure, les grandes satisfactions qu’il donne à un ego de plus en plus enflé ?

Voilà que la Suisse aussi, ce petit coin tranquille, pays de gens honnêtes et probes – au moins en apparence – se trouve salie par des scandales. Ses politiciens ne font pas exception de ce qui, désormais, devient la règle générale – une fois qu’on a atteint les hauts sommets, on est saisi par le vertige, on perd le sens du réel. On néglige ses électeurs. Pire que cela – les élus planent au-dessus des lois, ils s’approprient des biens publics, ils sont dans la confusion totale de ce qui est à eux et ce qui, d’une manière irrévocable, appartient à l’Etat. 

Cependant, en approfondissant notre réflexion, force serait de constater que nos sociétés sont dans l’incapacité totale de proposer, voire d’imposer un système de référence (idées, normes, valeurs, idéaux) incarné par des personnes véritablement dignes de représenter la multitude des citoyens. Nous sommes tous imprégnés des fausses valeurs de l’avoir et du paraître.

L’avoir donne le pouvoir, or l’un comme l’autre, tant qu’ils ne soient pas modérés par des valeurs stables et intangibles, laissent la porte ouverte à toutes les dérives, à commencer par le risque de corruption financière.

Tant que nous tous qui vivons dans les sociétés modernes et post- modernes gardons notre mentalité consumériste, tant que nous ne trouvons de satisfaction que dans l’achat acharné et dans la possession, nous courons ce risque d’élire toujours à la tête de nos gouvernements régionaux ou nationaux des gens susceptibles de céder à la tentation de la corruption et enclins à tout moment à se servir du bien commun comme si c’était le leur propre.  

Pourquoi ne pas essayer de changer de mentalité ? Pourquoi ne pas essayer de vivre  simplement, de se défaire du superflu, de renoncer à la course à la possession et se concentrer sur les choses essentielles ? Pourquoi ne pas apprendre de vivre autrement ?

« Le bonheur, il est où ? » – demande la chanson. Et s’il était dans les choses simples de la vie ? Dans la légèreté d’exister ?

Une légèreté qui est aussi une forme de liberté.

 

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