LES GRANDS DEFIS DEVANT LES PETITES ENTREPRISES : IL EST TEMPS D’Y FAIRE FACE

23 octobre 2018

Constituant 95% de son tissu économique, les PME suisses sont à l’image de l’Helvétie moderne. De taille modeste et de dimension humaine, elles incarnent en même temps cette aspiration à l’excellence qui a toujours été la marque distinctive de la manière suisse de penser le travail et d’agir. D’autre part, les PME sont les gardiens de précieux savoir-faire dont certains comme la chocolaterie, l’horlogerie et la coutellerie ont apporté à l’Helvétie une gloire mondiale plus que méritée.

Ceci dit, tout n’est pas toujours idyllique au pays des beaux chalets et des entreprises prospères à taille humaine. L’ère du numérique et de la haute technologie et, lié à elle, le contexte global d’accélération de la dynamique économique, posent des défis auxquels il n’est pas toujours facile de répondre. Pas de la manière la plus rapide, en tous cas.

Le challenge du numérique.

Il s’avère ainsi que pour une grande partie des PME suisses la transition numérique n’est qu’à ses balbutiements. Des sites rudimentaires, maladroitement entretenus trahissent une attitude de gêne et de timidité face à l’Internet. C’est pourtant à la limite du paradoxe : n’est-ce pas des PME que l’on attend une relation plus étroite avec la clientèle et une confiance plus développée que celle dont se prévalent les grandes entreprises ? Or, y a-t-il aujourd’hui moyen plus efficace pour établir cette confiance que les outils du numérique et les immenses possibilités qu’ils offrent ?

Notons ici la grande différence qui existe dans ce sens entre les PME et les startups, les deux étant pourtant des entreprises de taille semblable et de problématique souvent très proche. A l’opposé des premières, les « jeunes pousses » enracinent toute leur croissance dans l’intensif usage du net et l’ouverture que celui-ci leur procure. Comparées à elles, certaines PME ressemblent à des familles qui gardent jalousement de vieux secrets et que le numérique, fenêtre largement ouverte sur le monde, menace plutôt qu’il ne stimule. D’où cette réticence des PME au net qui peut causer une perte de vitesse voire une rupture des processus internes.

Dans le but d’aider à débloquer ce status quo indésirable, plusieurs initiatives ont vu le jour en Suisse. Probablement la plus importante et la plus globale est Digital Switzerland, plate-forme fédérale visant le positionnement de la Suisse « comme un espace de vie attractif et un pôle économique et scientifique innovant tourné vers l’avenir. » Une autre initiative fédérale est Innosuisse dont le but est l’encouragement de la collaboration entre science et marché, le réseautage, la formation et le coaching de cadres des PME et des startups. De son côté, Alliance, programme de liaison de la Suisse romande, a pour mission de mettre en contact les hautes écoles avec les entreprises, les mondes de la recherche et de la production.

Et d’autres défis encore …

Le défi numérique qui se pose devant les PME suisses concerne également la manière dont celles-ci se positionnent face à la nouvelle économie. Dans un premier moment, le modèle d’affaires de type « Uber » avait de quoi causer refus et crispation. Mais à y plus clair, on y découvre de nouvelles possibilités et chances. Partage et co-création, action plus souple et partenaires nombreux – voilà ce que, au cœur du grand défi, les PME doivent adopter avant qu’il ne soit tard et qu’elles ne restent captives de vieux schémas.

Un autre défi qui se pose aujourd’hui devant les PME a rapport au manque de main d’œuvre qualifiée. D’après des enquêtes effectuées par le Crédit Suisse, environ la moitié des PME qui cherchent à recruter peinent à trouver les bons candidats, alors que pour un quart d’entre elles (soit 90 000 PME suisses) le manque est ressenti comme très aigu. La tendance va s’accentuer avec, dans les années 2020, 125 000 personnes partant à la retraite (contre 88 000 en 2015) et laissant derrière elles carence de compétences et de savoir- faire. Là aussi, il s’agit d’une tendance pas suffisamment comprise par les PME qui, toujours d’après l’enquête du Crédit Suisse, estiment le besoin d’une prompte relève comme seulement faible ou modéré.

Parmi les solutions – emploi des salariés au-delà de l’âge de la retraite, recrutement à l’étranger et remplacement de fonctions humaines par le numérique.

 

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