Nous sommes tous potentiellement des investisseurs dans l’art

9 octobre 2018

« En économie l’inspiration est capital » K. Marx

16,2 millions d’euros, c’est la somme déboursée par un collectionneur pour l’acquisition d’un vase retrouvé dans une boîte à chaussures. Ce vase chinois de la dynastie Qing estimé entre 500.000 et 700.000 euros a ainsi pulvérisé des records d’enchères à Paris. Autant dire que nous avons de quoi considérer différemment les vases de nos arrières grands-pères ou les bibelots, regardés jusqu’ici avec dédains, légués par nos grands-mères.

Il est clair que l’exemple de ce vase, comme d’autres exemples ayant défrayé la chronique, nous donne matière à ré-envisager la frontière relativement mince entre les arts décoratifs et l’art avec le grand A de nos artistes stars, que les collectionneurs s’arrachent à coup de marteaux lors des ventes publiques. Les arts décoratifs nébuleusement défini comme l’ensemble des arts dont la finalité est le décor, assure à un expert les filets de sécurité nécessaire à inclure ou non tel ou tel objet.

Au fond une œuvre d’art n’a de valeur que si les experts ou professionnels au sens large lui en reconnaissent une. Ils donnent alors des indications de tendances et le ton au marché de l’art. Un urinoir a bien été considéré et est toujours considéré comme une icône de l’art.

Marché de l’art qui par ailleurs connaît plutôt le beau temps pour le moment avec une augmentation de 12% en 2017 par rapport à 2016 et une valeur globale estimée à 63,7 milliards de dollars*, et qui frôle l’indécence avec une œuvre d’art remportée aux enchères pour 450,3 millions de dollars en fin d’année.

Lorsque nous considérons ces chiffres vertigineux qui font les gros titres cela donne envie de s’intéresser au sujet, et particulièrement aux objets d’art décoratifs qui hantent nos greniers ou qui prennent la poussière dans nos bibliothèques.

Loin d’un jeu de loterie nationale, suivons tout de même la sagesse de Louis Pasteur nous disant « le hasard ne favorise que les esprits préparés ». Aussi acquérir un minimum de connaissance et d’expertise est nécessaire pour s’adonner au plaisir d’investir dans l’art.

En tout cas les arts décoratifs ont encore de beaux jours devant eux, face à des œuvres d’art qui deviennent des performances artistiques ou des œuvres éphémères. Le marché aura certainement toujours besoin de matérialité.

Une chose est sûre même dans la plus grande des colères contre votre conjoint abstenez vous de jeter le vase offert par votre belle-mère contre le mur, faite le d’abord passer dans les mains d’un expert.

Nous avons tous potentiellement un trésor caché dans nos armoires qu’il est possible de valoriser.

 

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